Dans un entretien avec Le Figaro, Sébastien Soriano, président de l’ARCEP (autorité de régulation des communications électroniques et des postes), quand il lui est demandé ce qu’il pense d’une fusion entre opérateurs, répond :

« La consolidation n’est ni nécessaire, ni souhaitable. Une fenêtre se referme. Il y a deux acteurs forts qui investissent beaucoup: Orange va bien, SFR tend à se renforcer. La situation est un peu différente pour Bouygues Telecom et Free. Le premier est entré tardivement dans le fixe, et le second, dans le mobile. Lorsque sur un marché à quatre, deux avaient un handicap, la consolidation pouvait avoir du sens. Mais la part de marché de Bouygues Telecom a dépassé les 10 % dans le fixe et Free Mobile affirme avoir atteint ses objectifs de déploiement de la 3G avec un an d’avance et poursuit ses efforts dans la 4G. Alors que le marché trouve enfin sa dynamique à quatre, j’ai du mal à comprendre ce que les Français auraient à gagner d’une consolidation. Le seul intérêt des actionnaires n’est pas suffisant. Et un tel cas de figure pourrait être très dangereux pour l’investissement. Un nouveau cycle de négociations entre opérateurs ferait à nouveau perdre deux ans au secteur. Or c’est le moment d’investir dans la fibre. Si des négociations devaient reprendre, l’Arcep serait très vigilante et exigeante. »

Car Soriano pense qu’après six ans de baisse globale des revenus du service mobile en France, la hausse de 1,8 % sur un an en 2016 amorce une nouvelle tendance de croissance.

Il minimise le lourd bilan de l’entrée de Free sur le marché, en affirmant que si ses trois concurrents et leurs sous-traitants ont supprimé des postes, Free a embauché.

Il reconnaît qu’interdire aux opérateurs de fusionner n’est pas du ressort de l’ARCEP, mais de l’Autorité de la concurrence.