Le géant de l’Internet en Chine Baidu va placer sa plateforme technologique de véhicule autonome en open source.

Cette plateforme, nommée Apollo en l’honneur du programme spatial de la NASA pour envoyer des hommes sur la lune, sera disponible gratuitement, mais l’entreprise conservera le contrôle de certains services d’apprentissage automatique et de cartographie, qui seront accessibles à l’aide d’interfaces de programmation (API) de Baidu.

La plateforme est composée de matériels, de logiciels, et de services dans le nuage informatique. Seront notamment placés en code source ouvert les systèmes de perception des obstacles, de calcul de trajectoire, de contrôle du véhicule, des systèmes d’exploitation pour véhicules, et des ensembles complets de logiciels de test.

Officiellement, les objectifs sont de cesser de réinventer la roue, ce qui serait le cas actuellement, chaque fabricant automobile et chaque acteur créant sa propre pile de technologies propriétaires ; d’accélérer le progrès ; Et d’agrandir l’écosystème en le rendant compatible avec le plus grand nombre de capteurs, de véhicules et d’autres composants.

La transition de système propriétaire à système ouvert va s’effectuer en trois étapes. En juillet la technologie sera ouverte à des environnements restreints ; Avant la fin de l’année, elle sera disponible pour les voitures en environnement urbain et simples conditions de conduite ; En 2020, les capacités d’autonomie complète seront offertes pour la circulation sur les autoroutes comme la circulation ouverte en ville.

Baidu s’inspire peut-être de Google, avec son système d’exploitation mobile Android en open source dès 2008, ce qui lui a rapporté des dizaines de milliards en publicité. À la place de la publicité, Baidu pourrait positionner ses services payants au cœur du système.

Les technologies de Baidu pourraient obtenir une place prépondérante chez les fabricants automobiles, en particuliers les fabricants chinois. La Chine est le premier marché automobile au monde, en consommation comme en fabrication, et croit à grande allure.

Baidu a déjà des partenariats avec les constructeurs chinois BAIC Motor, BYD et Cherry. Son partenariat avec BMW s’est arrêté en revanche début 20016. Le PDG de BMW en Chine n’avait alors pas voulu rentrer dans les détails, se contentant d’affirmer que les deux entreprises avaient un rythme et des idées différentes.

Baidu a commencé à investir dans l’apprentissage automatique en 2014, après avoir débauché Andrew Ng de Google, qui vient de démissionner pour explorer de nouveaux horizons. Au total, elle emploierait aujourd’hui près de 1 300 personnes dans l’intelligence artificielle.

En 2015, elle commençait à développer des véhicules autonomes.

Elle les teste à Pékin et à Wuzhen, une ville proche de Shanghai, et dispose d’une autorisation de test en Californie, où sont basés ses laboratoires de recherche d’intelligence artificielle et de véhicule autonome.

Depuis quelques années, de nombreuses entreprises de technologies travaillent sur la voiture autonome : Google, Uber, Apple, Nvidia, Intel.