Plus un écran est réflectif, i.e. plus il reflète les sources de lumière ambiante, tel que le soleil ou l’éclairage d’une pièce, plus il est difficile de le regarder, car il apparaît sombre et sans contraste.

C’est pourquoi les industriels développent depuis des années des filtres antireflet, pour les smartphones comme pour les moniteurs ou les téléviseurs.

Des chercheurs de l’université de Taïpei ont découvert comment produire des filtres cinq fois meilleurs que l’état de l’art actuel, avec une réflectivité d’environ 0,23 ¨ %, contre 1 % pour les meilleures solutions actuelles.

Ils se sont inspirés des yeux des papillons de nuit, dont la nanostructure disperse la lumière au lieu de la refléter.

La plupart des filtres antireflet actuels sont composés de plusieurs couches, chacune reflétant certaines longueurs d’onde, de telle manière qu’elles s’annulent les unes les autres.

Les chercheurs ont d’abord créé un modèle numérique pour simuler et améliorer la dispersion de la nanostructure.

Ils ont ensuite recréé la nanostructure des yeux du papillon de nuit, qu’ils ont imprimé sur un film plastique, et ont pu confirmer que les résultats s’approchaient du modèle théorique.

Les reliefs sont des nanos reliefs, on ne peut les sentir avec les doigts, et le film apparaît lisse au toucher, alors que les caractéristiques mécaniques sont robustes. Ces deux qualités ouvrent la voie à une utilisation sur des écrans tactiles, tels que ceux des tablettes ou des smartphones.

Les chercheurs ont pu démonter qu’on pouvait suffisamment courber le film pour recouvrir des écrans flexibles.

Un chercheur anglais affirme que le relief de la structure pourrait accélérer l’accumulation de poussières et de saleté par toucher digital.

Les chercheurs de Taïpei ont toutefois montré qu’on pouvait recouvrir le film d’une couche de fluoroalkyl afin d’améliorer son hydrophobie, i. e. sa capacité à repousser l’eau, et de rendre le filtre largement autonettoyant.