Les systèmes numériques ont du mal à reconnaître les couleurs d’un objet, qui changent avec la lumière ambiante. La solution retenue est de supposer qu’en moyenne, les objets sont gris, et de procéder à la balance des gris.

Une approximation qui ne facilite pas assez la reconnaissance des couleurs d’un capteur d’images ou d’un robot, qui ont toujours du mal à distinguer la couleur des fruits mûrs ou celle des sables riches en minéraux.

Des chercheurs de la RMIT University, la Monash University, Deakin University et University ofMelbourne ont découvert que les trois petits yeux (ocelle) de l’abeille, directement pointés vers le ciel, ont deux récepteurs de couleur qui sont parfaitement réglés pour déterminer la couleur de la lumière ambiante.

La physique suggère que la perception de la température de couleur par l’ocelle permette au cerveau de ne pas tenir compte de l’illumination pour la reconnaissance des couleurs, évitant ainsi la confusion.

Pour que cela soit vrai, il faut que l’information de l’ocelle soit intégrée à la perception des couleurs des deux yeux principaux.

Pour vérifier leurs hypothèses basées sur la biologie, la physique et l’écologie, les chercheurs ont exploité la neuro-anatomie. Ils ont cartographié les enregistrements neuraux de l’ocelle, et démontré que la projection neurale alimentait bien les aires clé du traitement de la couleur dans le cerveau de l’abeille.

Ces recherches sont non seulement fascinantes, mais devraient aboutir sur des améliorations des capteurs d’images et de la vision par ordinateur, en rendant le coût de calcul de la constance de couleur bon marché.

Les résultats viennent d’être publiés dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.