La rumeur courait depuis des jours.

Elle a été confirmée jeudi : Microsoft réorganise sa force de vente et devrait supprimer près de 3 000 à 4 000 postes, en priorité dans la vente, et tous les départements qui soutiennent la vente, comme le département IT, la finance, ou le département juridique.

Les coupes s’effectueront d’abord à l’international, sans que l’entreprise ne détaille quels pays seront les plus affectés. Les employés dont le poste est menacé ont été notifiés jeudi.

Officiellement, il ne s’agit pas d’une mesure de baisse de coûts, mais de réimaginer la façon dont l’entreprise vend ses services, et en premier lieu ceux de son nuage informatique Azure, dont les ventes ont augmenté de 93 % au dernier trimestre.

Avec le cloud, le modèle d’affaires change complètement. On ne peut plus compter sur des rentrées régulières de renouvellement de licences et de contrats de support.

La concurrence est féroce avec AWS, Google Cloud et les autres fournisseurs de services dans le nuage, tant sur le plan des tarifs que sur la vitesse soutenue à laquelle il faut proposer de nouveaux services.

Il faut donc des vendeurs avec plus de compétences techniques, et une meilleure connaissance des six industries prioritaires de Microsoft : la production industrielle, les services financiers, la distribution, la santé, l’éducation et le gouvernement.

Dans un courriel interne la semaine dernière, Judson Althoff, un vice-président exécutif, décrivait la réorganisation et sa motivation, vantant « une énorme opportunité de 4 500 milliards de dollars pour Microsoft dans les prochaines années. »

Microsoft emploie 121 000 personnes, dont 71 000 aux États-Unis. 18,5 % des employés travaillent directement pour le Global Sales M&O, eet environ 40 % des effectifs sont liés à la vente et au marketing.

La vague estivale de suppressions d’emplois, à l’occasion du changement d’exercice fiscal, ne surprend pas : c’est l’une des nouvelles traditions annuelles de Microsoft depuis que Satya Nadella en a pris la direction, une autre étant la croissance impressionnante de la dette.

Après l’acquisition de Nokia Devices, la main-d’œuvre avait grimpé de 30 % à 128 000 en 2014.