Après la Chine, et de la même manière, Uber jette l’éponge en Russie.

L’entreprise fusionne son activité en Russie avec Yandex NV.

Cette dernière détiendra 59,3 % de la nouvelle compagnie, qui n’a pas encore de nom, en investissant 100 millions de dollars, et Uber 36,6 %, en investissant 225 millions de dollars.

En Chine, Uber avait cédé le marché, dans lequel elle avait perdu en quelques mois 2 milliards, à Didi Chuxing, dont elle détient 17,5 % des parts.

Pierre-Dimitri Gore-Coty, en charge de l’Europe, Moyen-Orient et Afrique, voit dans cette transaction la preuve de la croissance exceptionnelle de Uber dans la région.

Tigran Khudaverdyan, en charge de Yandex. Taxi, va diriger la nouvelle entreprise, qui est également présente en Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie et Géorgie. La plateforme pour conducteur sera fusionnée. L’expérience utilisateur sera strictement identique, avec les deux applications mobiles et la commercialisation des deux services sous les deux marques différentes.

Sur les douze derniers mois, le montant brut des courses de Yandex. Taxi atteint 1 milliard de dollars, contre 566 millions pour Uber.

L’ancien CEO de Uber a affirmé par plusieurs reprises que sa jeune pousse était bénéficiaire dans ses marchés développés.

Toutefois, après plus de 8 milliards de pertes cumulées, et des pertes continues et importantes en Asie du Sud Est et en Inde, il semblerait que les actionnaires de Uber commencent à s’intéresser à ses livres de comptes.

Sur les trois premiers mois de l’année, Uber a perdu, avant les intérêts, les taxes, et surtout les compensations en action des employés, 708 millions de dollars. C’est certes moins qu’un an auparavant (991 millions), mais toujours énorme pour une avancée encore à prouver.

Certains investisseurs se demandent désormais publiquement si leurs intérêts ne seraient pas mieux servis par des alliances avec les leaders régionaux, comme Ola ou Grab.