Amazon a suspendu la commercialisation des smartphones Blu à cause « d’un problème potentiel de sécurité ».

Blu est connu pour ses smartphones à prix plancher.

Le géant du commerce en ligne fait sans aucun doute référence aux recherches du spécialiste de la sécurité Kryptowire, qui a démontré la semaine dernière que les smartphones Blu collectent des données et les envoient à des serveurs chinois, sans prévenir ou demander une autorisation à leurs utilisateurs.

Ce logiciel est développé par Shanghai Adups Technology, une entreprise suspecte spécialisée dans les logiciels d’espionnage. À chaque fois qu’elle se fait prendre, elle se réfugie derrière l’erreur technique.

En octobre 2016, Kryptowire avait découvert et dénoncé le logiciel malveillant Adups sur les Blu R1 HD et Life One X2. L’entreprise les avait alors désactivés.

Lors de la conférence Black Hat USA 2017, mercredi dernier, Kryptowire a démontré que le logiciel d’espionnage était toujours présent et actif sur tous les autres modèles de Blu…

La seule chose qui a changé, c’est qu’il est plus difficile de déceler les communications illicites.

Parmi les informations transmises aux serveurs chinois, on compte la liste des applications installées, la liste des applications utilisées, le numéro de téléphone, l’identifiant de la tour cellulaire reliée, et des informations d’identification unique, comme l’adresse MAC et l’IMEI.

Si la connexion à une tour cellulaire ne fournit pas d’informations de localisation aussi précises que le GPS, elles sont suffisamment précises pour être acceptées comme preuve dans les affaires criminelles.

Blu tente de défendre l’indéfendable en réfutant la notion que Adups est un logiciel d’espionnage.

Si l’on ne peut que se féliciter de constater que Amazon cherche à protéger la vie privée de ses clients, on est stupéfait de constater que la suspension des ventes ne concerne que les États-Unis.

En France, Amazon continue à vendre les smartphones Blu, comme si de rien n’était, alors que la protection des données personnelles est encore plus restrictive en Europe qu’aux États-Unis.