DeepFace

Alors qu’il nous est naturel de reconnaître les visages, du moins de la même ethnie, c’est un problème encore difficile pour les ordinateurs.

À l’occasion de la conférence Computer Vision and Pattern Recognition (vision par ordinateur et reconnaissance de formes) de l’IEEE, qui aura lieu à Colombus, Ohio, du 20 au 27 juin 2014, Facebook va présenter son système DeepFace qui est presque aussi fiable que les humains.

Si nous reconnaissons les visages avec une fiabilité de 97,5 %, la plupart des ordinateurs atteignent péniblement les 50 %. Le système DeepFace révolutionne la reconnaissance automatisée avec une précision quasi humaine de 97,25 % sur la base de données de visage Labeled Faces in the Wild. Et de 92,5 % sur des visages de la base de données vidéo YouTube Faces, où il doit surmonter des difficultés supplémentaires comme le flou de bouger.

L’innovation vient de l’utilisation explicite d’une modélisation en trois dimensions du visage, et d’un réseau neuronal profond à 9 couches pour représenter un visage.

Alors que les systèmes traditionnels utilisent des réseaux neuronaux à convolutions, qui partagent des poids, DeepFace utilise 120 millions de paramètres et des couches connectées localement qui sans partager de poids.

Dangers pour la vie privée

Si la reconnaissance de visage a de nombreuses applications en vidéosurveillance, biométrie, indexation et recherche d’images par le contenu, elle pose aussi des problèmes liés à la protection de la vie privée et du droit à l’oubli. Des données personnelles comme les adresses de courriel ou les numéros de téléphone pourraient aussi être associées facilement à des visages.

Facebook avait lancé, en 2011, un service de reconnaissance faciale accessible à tous, autorisé par défaut, sans que la plupart des utilisateurs sachent comment définir les options de confidentialité.

Comme suite aux craintes des autorités de contrôle des données personnelles en Europe, et aux plaintes des autorités allemande et Irlandaise, Facebook a effacé toutes les données de reconnaissance de visages pour les utilisateurs européens, en février 2013. Facebook Europe est en effet domiciliée en Irlande pour profiter de nombreux avantages fiscaux, mais doit respecter le droit irlandais.

Les autorités allemandes avaient retiré leur plainte une fois que Facebook avait bien prouvé avoir effacé les données qu’elle avait obtenues sans le consentement des utilisateurs.

Aux États-Unis, le sénateur Al Franken avait demandé des explications à tous les utilisateurs de reconnaissance de visage, surtout Facebook et le FBI. Cette année, il a mis en garde les éditeurs de l’appli NameTag, qui permet aux porteurs de lunettes Google Glass d’identifier automatiquement et sans leur consentement les gens et de les associer aux photos de leurs comptes sociaux, comme Facebook, et d’autres bases de données en ligne comme les bases de données de criminels ou de délinquants sexuels.