Pure Storage, une start-up de quatre ans qui se spécialise dans les baies de stockage d’entreprise entièrement en mémoire flash, vient de recevoir 225 millions de dollars (163 millions d’euros) lors de la série F de financement, à une valorisation avant financement de 3 milliards de dollars (2,17 milliards d’euros) .

D’après Wall Street Journal Research il n’y a que 15 entreprises financées par des capital-risqueurs à valoir plus de 3 milliards de dollars.

PureStorage-Logo-RGB-SmallAu total, PureStorage aura recu 470 millions de dollars (340 millions d’euros) de financement. Les nouveaux fonds proviennent essentiellement des investisseurs existant : Fidelity, Greylock, Index Ventures, Sutter Hill, Tiger Global et T. Rowe Price. Wellington Management est le nouvel investisseur.

Cette valorisation est trois fois celle de la série E de financement en août 2013, qui avait apporté 150 millions de dollars (108 millions d’euros) de fonds.

Les ventes sont en croissance de 700 % en glissement annuel, une croissance largement supérieure à celle de son industrie. Même Nimble, qui a été introduite en Bourse en décembre 2013, n’a connu une progression des ventes « que de 134 % » . Pure estime qu’elle a deux ans d’avance sur la compétition et veut investir maintenant pour profiter de cette avance.

Le marché des baies de stockage en pur flash reste relativement confidentiel ( 2 000 installations en 2012) à cause du coût au gigaoctet. D’après Gartner, il devrait passer à 20 000 en 2017.

D’après Pure, qui affirme que le coût effectif est inférieur aux baies de stockages à disques traditionnels, il faudrait compter environ 7 $ / Go contre 14 $ pour une solution similaire chez son concurrent EMC.

Contrairement à la plupart de ses concurrents, Pure utilise des SSDs grand publics à base de MLC (Multi Level Cells) les cellules peuvent stocker plusieurs bits) et s’appuie sur ses logiciels et ses contrôleurs pour garantir vitesse et longévité. Les concurrents comme EMC utilisent souvent des puces eMLC (Entreprise Multi Level Cells) qui supportent plus de cycles de lecture/écriture.

Pure justifie ce choix en affirmant que ses tests internes montrent que les problèmes de flash sont rarement physiques, ce sont le plus souvent des problèmes de micrologiciels. Hors ceux des disques eMLC sont beaucoup plus compliqués et tombent plus souvent en panne.

En plus de prix compétitifs, Pure met en avant ses 5 niveaux de compression et sa déduplication ( en moyenne 1 Go de flash permettrait le stockage de 5,8 Go de données), une disponibilité continue de plus de 99.999 %, une facilité d’utilisation qui permet de se passer de consultants spécialisés pour l’installation ou la maintenance et le meilleur service client.

Pure, qui aime se comparer à David et EMC à Goliath, est en concurrence avec des géants comme EMC et IBM, et d’autres startups comme Violin Memory  Nimble.

L’an dernier, EMC l’a attaquée en justice en affirmant que d’anciens employés d’EMC qui travaillent maintenant chez Pure, ont volé des secrets industriels. Ce que nie Pure. L’affaire est toujours en cours.