Comme les États du monde entier, y compris la France, la Chine exploite les actes terroristes récents pour faire passer des lois qui restreignent les libertés individuelles. En l’occurrence les tensions communautaires dans la Région autonome ouïghoure du Xinjiang, que certains expliquent par la politique de peuplement avec des Hans pour mieux contrôler la région et rendre progressivement impossible toute possibilité d’indépendance des Ouïgours, majoritairement musulmans.

Les Occidentaux s’inquiétaient depuis des mois du projet de loi sur le contre-terrorisme en Chine : violation potentielle de la liberté de parole, et provisions sur le cyberespace.

Le pire est évité : les portes dérobées obligatoires sur les systèmes d’information ne font finalement pas parti de la loi qui vient de passer dimanche. Ni l’obligation de garder les serveurs et les données personnelles en Chine.

Les fournisseurs de services devront en revanche coopérer avec les autorités pour déchiffrer des données sensibles à la demande des organismes de police, ainsi que leur fournir toute aide technique nécessaire.

Li Shouwei, en charge de la commission de loi, affirme que la Chine ne fait que prendre des mesures similaires à celles qui ont déjà été prises dans d’autres pays.

Deux articles déplaisent : la loi autorise l’armée à participer à des opérations antiterroristes à l’étranger – même si les experts doutent que la Chine prenne un tel risque diplomatique.

Et les droits des médias sont restreints en cas de terrorisme : ils ne peuvent ni montrer des scènes cruelles et inhumaines, ni rapporter des détails qui permettraient de répliquer des activités terroristes. Pour les groupes de défense des droits de l’homme, la loi donne encore plus de pouvoirs à des autorités qui peuvent déjà surveiller et détenir des citoyens pratiquement sans limite.

Si les États-Unis s’émeuvent et estiment que la loi est en fait une loi protectionniste qui place des pressions réglementaires injustes sur les entreprises étrangères, sa conduite présente et passée en matière de surveillance de masse, et sa propension à créer des espaces de non droit, affaiblissent sa crédibilité et son autorité internationale.