Vivendi a annoncé hier soir une offre publique d’achat de Gameloft à 6 € par action, soit une prime de 11 % sur le cours de clôture de mercredi. Et de 50,4 % sur le cours de Gameloft avant la première prise de participation de Vivendi.

L’annonce était obligatoire, puisque le groupe venait de dépasser le seuil de 30 % du capital.

Vivendi était entré au capital de l’éditeur de jeux pour appareils mobiles en octobre 2015, une semaine après être entré dans le capital d’Ubisoft. Dans les deux cas, l’entrée n’avait pas été sollicitée.

La famille Guillemot, qui détenait 25,25 % des parts de Gameloft au 8 décembre 2015, est hostile à l’OPA. Son président, Yves Guillemot, se plaignait au Figaro de n’avoir jamais reçu de réponse à sa demande de précisions sur les intentions de Vivendi, et sur les synergies potentielles. Une analyse interne n’aurait montré aucune synergie intéressante pour Gameloft, qui a déjà des partenaires dans le monde du cinéma et de la musique.

Dans son annonce, Vivendi se contente d’énoncer de nouveaux leviers de développement pour Gameloft, industriels et financiers, sans plus de précision.

Mercredi, les dirigeants d’Ubisoft étaient à Londres, et tentaient de convaincre les investisseurs de résister à Vivendi, avec des promesses particulièrement hardies : un chiffre d’affaires en hausse de 60 % en 2018-2019, et une marge opérationnelle triplée à 20 %, grâce à une évolution d’Ubisoft vers des jeux connectés, multijoueurs et régulièrement mis à jour.

Gameloft a convoqué son conseil d’administration pour la semaine prochaine, et se refuse à tout commentaire d’ici là.

Cette volonté du conglomérat audiovisuel (Groupe Canal+, Universal Music Group) d’entrer dans l’industrie des jeux vidéo peut surprendre, alors que Vivendi a vendu sa participation dans Activision Blizzard en trois étapes entre juillet 2013 et juin 2015. Le cours de l’action Activision Blizzard a d’ailleurs doublé depuis la sortie de Vivendi.

L’an dernier, le chiffre d’affaires de Gameloft était en progression de 13 % à 256 millions d’euros, mais le groupe était pour la première fois déficitaire.

 

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Droits de vote dans Gameloft au 8 décembre 2015