Étrange façon dont fonctionnent la justice française et le « gendarme de la bourse ».

Fin mars 2016, Gameloft déposait un recours devant la Cour d’appel de Paris contre la décision de conformité de l’offre publique d’achat de Vivendi, prise par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Les plaidoiries ont suivi en juin et la décision de justice était attendue pour le 6 septembre 2016.

Gameloft reprochait « les manquements de Vivendi aux principes directeurs des offres publiques, ainsi qu’aux obligations légales et réglementaires visant à assurer la transparence et la bonne information du marché ».

Le 18 juillet 2016, Vivendi prenait le contrôle de Gameloft, et le 20 juillet, Vivendi annonçait le retrait de la bourse de l’éditeur de jeux mobiles. Qui plus est, c’est le même avocat qui a représenté Gameloft et Vivendi lors du désistement. Le 26 juillet, les actions Gameloft SE seront donc radiées d’Euronext Paris et transférées à Vivendi.

La justice n’aura donc jamais statué sur la décision de conformité de l’AMF, et ce tour de passe-passe indigne. L’AMF promet de changer les règlements pour que cela ne puisse pas se reproduire.

Une contrition qui ne devrait pas consoler l’ancienne direction de Gameloft.

Car c’est bien l’AMF qui a convaincu le juge de ne pas donner suite au à la demande de sursis à exécution de Gameloft.

Vivendi s’était aussi engagée à restituer l’ensemble des titres acquis pendant l’OPA à leurs anciens propriétaires si la Cour d’appel lui donnait tort, et de ne pas procéder au retrait de la cote jusqu’au verdict, et c’est pourtant ce qu’elle a fait le 20 juillet.

Le Président du Conseil d’Administration de Vivendi marque encore une fois de son empreinte le conglomérat, avec cette attitude cavalière et éthiquement méprisable, dont l’AMF apparaît comme le facilitateur servile et zélé.