Apple va publier mardi ses résultats trimestriels, et devrait notamment rapporter que le total de ses liquidités dépasse 250 milliards de dollars (229 milliards d’euros), un record pour une entreprise hors secteur financier *.

À titre d’illustration, Apple pourrait racheter demain Total, LVMH Moet Vuitton et la moitié de Sanofi sans ciller. Ou racheter Tesla et Netflix comme le lui ont conseillé des actionnaires, en gardant d’énormes réserves.

Avoir beaucoup de liquidités est généralement mal perçu par les actionnaires, car c’est de l’argent qui ne rapporte pas, ou qui rapporte peu. Les entreprises conservent en général une réserve en cas de besoin ** ou suffisamment pour pourvoir acheter d’autres entreprises si une opportunité pointe.

Le reste est reversé rapidement aux actionnaires sous forme de dividende ou par rachat d’action.

Historiquement, Apple n’a jamais acquis des entreprises de taille : la plus grande était Beats, pour 3 milliards.

Depuis 2012, Apple a retourné plus de 200 milliards de dollars à ses actionnaires en dividendes et rachats d’actions, financés par des dettes de 88 milliards de dollars.

Comme la plupart des multinationales américaines, plus de 90 % des liquidités d’Apple sont stockées dans les paradis fiscaux et dans les filiales, afin d’éviter une imposition lors du rapatriement des fonds aux États-Unis.

Comme la plupart des multinationales américaines, Apple espère que Trump changera la loi et la rendra plus favorable pour eux en réduisant le taux d’imposition sur le rapatriement de bénéfices effectués à l’étranger. Ce qui permettrait à Apple de verser un dividende spécial, une demande de l’investisseur ‘activiste’ Carl Icahn.

 

* Les régulations imposent aux entreprises du secteur financier de conserver des fonds propres élevés (accord de Bâle III par exemple) afin de pouvoir couvrir les risques de leurs investissements.

** En 1990, Apple n’était pas loin de la faillite et Steve Jobs a conclu un accord avec Microsoft, qui lui a apporté une infusion de liquidités.