Le Wall Street Journal rapporte qu’une développeuse pendant longtemps chez Facebook a présenté une étude montrant que le code source écrit par les femmes était bien plus souvent rejeté que le code source écrit par leurs collègues masculins : +35 % de rejets. Son étude se baserait sur plus de cinq ans de données du référentiel de code ouvert de Facebook.

Une découverte qui a conforté les femmes dans leur suspicion que leur code était sujet à un examen bien plus approfondi que les hommes.

Les femmes attendraient 4,9 % plus longtemps que les hommes pour que leur code soit accepté, et leur code recevrait 8,2 % de plus de commentaires et de questions que celui des hommes.

Le débat a pris une telle ampleur que la question a été posée directement au CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, lors d’un de ses séances internes de discussion ouverte hebdomadaire. Zuckerberg aurait reconnu que le sexisme était sans doute un problème, et une étude fut commanditée.

L’étude a été dirigée par Jay Parikh, en charge des infrastructures chez Facebook, et publiée le mois dernier.

L’analyse initiale aurait été incomplète et erronée, et porté sur un ensemble incomplet de données. A l’inverse, l’analyse de Parikh se serait basée sur un ensemble complet de données, dont la plupart sont confidentielles et ne sont pas mises à disposition des employés.

La différence de rejet du code source entre homme et femme s’expliquerait en fait par la différence de rang, les programmeurs d’un même rang, homme ou femme, voyant leur code rejeté plus souvent que les hommes et les femmes d’un rang supérieur.

Des conclusions qui ne satisfont pas, puisqu’on peut en déduire que les femmes ne progressent pas à la même vitesse que les hommes parmi les rangs.

Facebook aurait d’ailleurs refusé à ses employés de donner le pourcentage de femmes ‘ingénieur’* par rang.

Parikh aurait cependant concédé qu’on pouvait observer un décalage mineur, et invité les employés à suivre volontairement une formation aidant à identifier et compenser les préjugés sexistes.

Les deux études, qui n’ont pu être consultées à l’extérieur, auraient été critiquées par des experts internes pour ne pas avoir pris en compte tous les paramètres, comme le nombre d’années d’expérience professionnelle avant l’embauche chez Facebook.

Encore plus que le reste de l’industrie technologie, les entreprises comme Facebook et Google ont énormément de mal à diversifier leur main-d’œuvre, d’un point de vue racial comme du point de vue de la parité homme femme. L’enjeu est d’autant plus important qu’il n’y a pas assez de programmeurs aux États-Unis, alors que de plus en plus de femmes se tournent vers les études informatiques et d’ingénierie.

Chez Facebook, seulement 17 % des emplois techniques (par opposition au marketing, ressources humaines, etc) sont tenus par des femmes.

 

* Est considérée comme ingénieur chez Facebook toute personne qui écrit du code, ce qui n’est pas la définition habituelle. On devrait plutôt parler de développeurs et non d’ingénieurs.