L’entreprise de transport Uber a annoncé hier le renvoi d’Antony Levandowski, la personne qu’elle avait embauché pour diriger sa division véhicules autonomes, en rachetant sa start-up Otto pour 700 millions de dollars l’an dernier.

Uber est accusée par WayMo, filiale véhicules autonomes d’Alphabet, de vol de propriété intellectuelle.

Même s’il n’est pas défendeur dans le procès de Waymo contre Uber, Waymo ayant une autre action en justice contre lui, Levandovski est au cœur de cette accusation. Ancien employé de Google, où il a travaillé sur les véhicules autonomes, il serait parti en volant plus de 14 000 fichiers.

Quand un juge a ordonné à Levandowski de fournir des preuves et de témoigner, ce dernier a refusé en invoquant le cinquième amendement de la constitution américaine, qui lui permet de refuser de s’auto-incriminer.

Après des mois de pression de Uber pour qu’il coopère, Levandowski a manqué une date butoir interne pour fournir les documents : Uber lui a envoyé une lettre de licenciement le 26 mai.

Quand Uber avait racheté Otto, elle avait également offert à Levandowski une prime de signature de 250 millions en stock-options. On ne sait pas si le renvoi affecte ces options.

Dans un courriel aux employés cité par le New York Times, Angela L. Padilla, directrice juridique adjointe de Uber, affirme que l’entreprise a fourni au cours des derniers mois des preuves tangibles que sa technologie de véhicules autonomes a été développée en toute indépendance ; et que durant la même période, Uber a demandé à Levandowski de coopérer avec la cour fédérale de district.

D’après les spécialistes juridiques, Uber n’avait d’autre choix que de le renvoyer. Désormais, Levandowski pourrait même témoigner contre Uber, ou signer un accord avec le procureur.

Alors que le procès relève du civil, le juge, William Alsup, a référé l’affaire à l’avocat des États-Unis, afin de décider s’il veut lancer une enquête criminelle sur le vol de secrets industriels.