Le FBI a ouvert une enquête pour déterminer si Uber Technologies INC a utilisé un logiciel malveillant pour surveiller illégalement un compétiteur, d’après des sources du Wall Street Journal.

Cette enquête s’ajoute à au moins trois enquêtes en cours contre l’entreprise de VTC et taxis : sur Greyball, un système servant à tromper les autorités, sur la violation potentielle par des directeurs de Uber de la loi sur la corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practices Act), et sur le vol de secrets industriels de WayMo.

L’enquête, menée par le bureau new-yorkais du Federal Bureau of Investigation, vise le programme abandonné au nom de code interne Hell (Enfer), qui pouvait surveiller les conducteurs travaillant pour le concurrent Lyft.

Un porte-parole de Uber affirme que l’entreprise coopère avec le FBI.

Le site The Information avait dévoilé Hell en avril 2017, et affirmé que le programme était actif de 2014 à 2016.

Le programme fonctionnerait comme suit : Uber ouvre de faux comptes clients chez Lyft afin de faire croire à cette dernière que des clients potentiels cherchent des courses de taxis dans différents quartiers d’une la ville.

Uber peut ensuite repérer quel chauffeur de Uber est près d’un point précis, et pour combien il offre une course.

Le programme peut également collecter des données additionnelles sur le chauffeur, ce que Uber aurait notamment exploité quand ledit chauffeur travaillait également pour elle, en leur offrant des incitations financières pour quitter Lyft.

En avril, le programme était le sujet d’un recours collectif en Californie contre la société Uber, perdu parce que les plaignants n’auraient démontré ni crime, ni préjudice matériel, et que, d’après les avocats de Uber, ils ne s’appuyaient que sur un article publié en ligne avec deux sources anonymes.

Les plaignants ont l’intention de relancer un recours collectif avec une plainte amendée.

Les enquêteurs du FBI vont notamment devoir déterminer si Hell constituait un accès non autorisé à un ordinateur, ce qui est un crime fédéral.

Avec l’embauche de Dara Khosrowshahi en tant que CEO, le conseil d’administration a cherché un dirigeant compétent dans les nouvelles technologies. Auraient-ils dû embaucher un avocat ?