NVIDIA vient de mettre à jour ses licences logicielles pour les cartes graphiques GeForce GTX et Titan.

Désormais, leur déploiement est interdit dans les centres de traitement de données, à l’exception des projets de chaînes de blocs :

2.1.3 Limitations

Interdiction relative à la modification ou à la rétro-ingénierie. L’utilisateur n’a pas le droit d’opérer une rétro-ingénierie (à l’exception des termes de la section 2.1.2), de décompiler ou désassembler le LOGICIEL ou encore essayer d’obtenir par n’importe quel moyen que ce soit le code source.

Interdiction relative à la séparation des composants. Le LOGICIEL est concédé sous licence sous la forme d’un produit unique. Les éléments qui le composent ne doivent en aucun cas être séparés pour être utilisés sur d’autres ordinateurs ou de manière indépendante.

Interdiction relative à la sous-licence ou à la distribution. L’utilisateur n’a pas le droit de vendre, de louer, de concéder en sous-licence, de distribuer ou de transférer le LOGICIEL, ni d’utiliser le LOGICIEL pour une diffusion ou une représentation publique. Les services d’hébergement commerciaux basés sur le LOGICIEL sont par ailleurs interdits.

Interdiction relative au déploiement sur Data Center. Ce LOGICIEL ne propose pas de licence pour un déploiement sur Data Center, sauf en cas d’autorisation du traitement par chaîne de blocs.

Comme il est impossible d’exploiter au mieux ces cartes sans le pilote propriétaire, ce changement de la licence revient à forcer les scientifiques et les autres clients à acquérir des accélérateurs graphiques de la gamme Tesla, beaucoup plus onéreux.

La GeForce GTX 1080 Ti, une carte graphique haut de gamme ciblant les joueurs aisés, coûte 750 euros, alors que la Tesla V100 coûte 9 000 dollars, soit environ 7 500 euros.

Si la Tesla V100 est nettement plus puissante pour le calcul que la GTX 1080 Ti, en particulier en double précision, de nombreuses charges de travail se satisfaisant d’une précision simple tournent très bien sur une ou plusieurs GTX 1080 Ti, avec un rapport performance/prix largement supérieur.

NVIDIA justifie ce changement de licence parce que les processeurs graphiques GTX et Titan n’ont pas été conçus pour fonctionner 24 heures sur 24, ni pour être déployés dans des data centres aux besoins complexes pour les logiciels, le matériel et la température de fonctionnement. La gamme Tesla, à l’inverse, est conçue pour ces environnements.

On peut se demander toutefois pourquoi NVIDIA a attendu tant d’années pour effectuer ce changement s’il était nécessaire.

Il est probable que sa clientèle, en particulier les chercheurs, les universitaires et les petites et moyennes entreprises, n’apprécient pas ces nouvelles restrictions, ce qui pourrait les motiver pour évaluer les produits concurrents de AMD.

Comme la notion de data centre n’a pas été clairement définie dans la licence, il reste une certaine marge de manœuvre pour qui est prêt à risquer un combat juridique.