Comme d’autres multinationales, Google utilise en toute impunité les astuces (magouilles ?) fiscales du ‘double irlandais’ et du ‘sandwich hollandais’ pour éviter au maximum l’imposition en Europe.

Les revenus sont transférés d’une filiale irlandaise à une filiale hollandaise sans employé, et de la filiale hollandaise à une entreprise boîte à lettres dans les Bermudes, où il n’y a pas d’impôt sur les sociétés, qui appartient à une autre entreprise irlandaise.

Le quotidien financier hollandais Het Financieele Dagblad, citant des déclarations officielles à la chambre de commerce des Pays-Bas, affirme que Google a utilisé ce tour de passe-passe pour protéger 15,9 milliards d’euros de l’imposition. Soit 7 % de plus qu’en 2015.

Alors que le taux d’imposition marginal sur les entreprises aux États-Unis était encore de 35 %, le taux effectif d’imposition de Google s’élevait à 19,3 %. Grâce à son tour de passe-passe, Google a économisé au moins 3,7 milliards de taxes.

Google utilise un stratagème similaire en Asie avec sa filiale de Singapour.

Ces sommes illustrent une fois de plus le manque à gagner considérable pour les contribuables européens, qui le paient directement par des taux d’imposition plus élevés.

Et l’hypocrisie des États européens. Ils luttent à grand renfort de communication sur la fraude fiscale potentielle du contribuable, et mettent à l’index les paradis fiscaux étrangers, alors qu’ils rapatrieraient des sommes sans commune mesure en s’intéressant aux multinationales, et en supprimant les trous réglementaires qui facilitent l’exploitation des paradis fiscaux.

Si l’Irlande a abandonné l’arrangement du ‘double irlandais’ en 2015, les entreprises qui l’exploitaient déjà peuvent continuer à en profiter jusqu’en 2020.

Sans surprise, Google commente : *

« Nous payons toutes les taxes dues et nous nous conformons aux lois fiscales dans tous les pays où nous opérons dans le monde. Nous poursuivons notre engagement pour le développement de l’écosystème en ligne. »

 

* Traduction : Le Diligent