Snap a commencé à revoir en profondeur son application phare Snapchat en novembre 2017, afin d’en simplifier l’utilisation, pour attirer de nouveaux utilisateurs qui seraient repoussés par son manque d’ergonomie. Et surtout pour ajouter un maximum d’espaces publicitaires.

Lors de la conférence téléphonique suivant l’annonce des résultats trimestriels, des analystes financiers ont demandé pourquoi si peu d’utilisateurs avaient accès à la nouvelle version, et ce qu’en pensaient les utilisateurs ayant pu l’installer.

Depuis quelques jours, la situation semble plus claire : le lifting fait l’unanimité, contre lui.

Une pétition sur change.org, demandant la suppression de la mise à jour, a déjà recueilli 728 000 signatures, avec plusieurs milliers de signatures ajoutées chaque jour.

La pétition affirme que le lifting de l’application de messagerie éphémère, qui est censé la rendre plus facile à utiliser, a l’effet inverse. De nombreuses nouvelles fonctionnalités ne serviraient à rien, et seraient à l’opposé de la philosophie initiale de Snapchat.

Les utilisateurs seraient si contrariés par cette mise à jour qu’ils n’hésiteraient pas à avoir recours à une solution de réseau virtuel privé pour accéder à l’ancienne version.

Un faux tweet du 8 février 2018, qui prétend que Snap serait prête à revenir en arrière si le tweet était retweeté plus de 50 000 fois, a déjà été retweeté 1,4 million de fois.

Les adolescents et les jeunes adultes, le cœur de cible du service, prisent les streaks : des échanges textuels qui sont prolongés tous les jours. De nombreuses utilisatrices et utilisateurs seraient furieux d’avoir interrompu ces séries, parce qu’ils ne comprenaient plus comment fonctionnait l’application mise à jour.

D’autant que Snap a toujours récompensé les séries les plus longues par l’affichage d’émojis spéciaux, qui servent de mesure du succès sur la plateforme, qui, contrairement à Twitter, n’affiche pas de nombre d’abonnés.

Même les célébrités n’hésitent pas à critiquer la mise à jour sur Twitter ou YouTube.

L’impopularité de la mise à jour auprès des jeunes pourrait devenir problématique pour l’entreprise, même si d’après son CEO, les plus de 35 ans consacrent beaucoup plus de temps à consommer les contenus sur l’application mise à jour, que sur la version précédente.