L’U.S. Federal Trade Commission (FTC), l’agence fédérale américaine indépendante en charge de l’application du droit de la consommation et le contrôle des pratiques commerciales anticoncurrentielles telles que les monopoles déloyaux, ne s’est pas exprimée la semaine dernière lors de l’éclatement du scandale Cambridge Analytica.

Elle vient de publier un communiqué, qui confirme qu’une enquête est en cours sur les agissements de Facebook : *

« La FTC s’engage fermement et pleinement à utiliser tous ses outils pour protéger la vie privée des consommateurs. Parmi ces outils, citons principalement les mesures d’exécution contre les entreprises qui ne respectent pas leurs promesses de confidentialité, notamment pour se conformer à Privacy Shield, ou qui commettent des actes injustes causant des dommages importants aux consommateurs en violation de la loi FTC. Les entreprises qui ont réglé des procédures avec la FTC doivent également se conformer aux dispositions des ordres de la FTC imposant des exigences sur la confidentialité et la sécurité des données. En conséquence, la FTC prend très au sérieux les rapports de presse récents soulevant des préoccupations substantielles au sujet des pratiques de confidentialité de Facebook. Aujourd’hui, la FTC confirme qu’elle a ouvert une enquête privée sur ces pratiques. »

Depuis, le cours de l’action Facebook a baissé de 6 %. Au total, le cours de l’action a chuté de plus de 13 % en une semaine.

En 2011, Facebook a signé un jugement convenu avec la FTC lui imposant des mesures pour la protection des données personnelles. Le réseau social pourrait recevoir une amende pour chaque violation de l’accord.

Dans l’affaire Cambridge Analytica, il est reproché à Facebook, outre une gestion de crise inepte et le silence assourdissant de ses dirigeants, de n’avoir pris aucune véritable mesure pour éviter que des informations personnelles de 50 millions de personnes se retrouvent dans le vent, et soient illégalement exploitées à des fins de profilage politique pour la campagne présidentielle américaine de 2016.

Pire, cette affaire laisse supposer que de nombreux abus ont pu avoir lieu dans le monde entier depuis 2010, date à laquelle Facebook a commercé à partager avec des tiers les données personnelles de ses utilisateurs.

 

* Traduction : Le Diligent