Les haut-parleurs connectés

Avec sa gamme de haut-parleurs Echo, connectés à l’assistante vocale Alexa, Amazon a inventé en novembre 2014 une nouvelle catégorie d’électronique grand public, et connu un succès foudroyant dans les quelques pays où elle est commercialisée (Echo et Alexa arriveront en France cette année, promet Amazon).

Deux ans après, Google a copié le concept avec Google Home, un haut-parleur connecté à son propre assistant virtuel, Google Assistant.

Apple a préféré prendre son temps, pour ne lancer sa propre réplique, HomePod, qu’en janvier 2018 aux États-Unis. En France, le produit est attendu au printemps.

Contrairement à Amazon et Google, qui pratiquent des prix bas et des promotions pour tenter de capturer le plus de parts de marché, Apple s’est positionné sur le haut de gamme : 349 dollars hors taxe l’unité, ce qui se traduira sans doute par un prix compris entre 349 et 399 euros TTC en France.

Un prix qu’Apple justifie par la musicalité et par le design.

Premières semaines

Les préventes aux États-Unis ont été bonnes, et fin janvier, Apple y aurait capturé le tiers des achats en nombre d’unités.

Aujourd’hui, le produit ne se vendrait pas très bien. Apple aurait déjà réduit les commandes auprès de ses fabricants d’après Bloomberg.

Une fois disponible en magasin, où tout prospect pouvait se faire une idée de la musicalité de l’HomePod, les ventes auraient chuté.

Au total, sur les dix premières semaines de commercialisation, Apple aurait capturé 10 % du marché en volume, contre 73 % pour Amazon Echo, 14 % pour Google Home et 2 % pour Sonos One.

Même en valeur, Apple n’aurait capturé que 19 % du marché en février et mars, d’après les estimations de Slice Intelligence, contre 68 % pour Amazon, 8 % pour Google et 5 % pour Sonos.

Pour Apple, HomePod est un produit stratégique qui peut lui permettre d’asseoir son écosystème et de vendre des abonnements à Apple Music, son service de musique en diffusion continue.

Notons que ces données sont des estimations, et non des statistiques finales. Elles pourraient s’avérer incorrectes. Certains sites, comme Apple Insider ou 9To5Mac, ne partagent pas l’avis de Bloomberg.

Les raisons de l’échec

Comment expliquer ce qui semble être, pour l’instant, un échec commercial ?

Le lancement fut retardé, le HomePod n’a pas été disponible pour la période critique des fêtes de fin d’année.

Le haut-parleur d’Apple est vendu plus de deux fois plus cher que la plupart de ces concurrents.

Pour le prix, le HomePod sait surtout jouer de la musique d’Apple Music, envoyer des messages via un iPhone, et contrôler un petit nombre d’appareils domotiques optimisés pour Apple.

Les clients ont sans doute espéré que le HomePod aurait des capacités similaires à Echo et Google Home, qui peuvent répondre à de nombreuses questions, et effectuer une multitude de tâches telles que commander une pizza ou un taxi.

Dans la présentation du HomePod, Apple affirme qu’il suffit de placer un deuxième HomePod pour une détection mutuelle automatique, et un son stéréo.

Les clients se sont aperçus qu’il n’en était rien, et que la fonctionnalité serait disponible ‘cette année’.

Enfin, certains clients se plaignent que le haut-parleur laisse des traces sur le meuble sur lequel il est posé.

 

Apple ne réussit pas toujours du premier coup, et obtient souvent plus de succès sur les versions suivantes, comme en témoigne l’Apple Watch. Apple, comme Google, peut compter sur une commercialisation largement plus internationale de son haut-parleur que Amazon, qui ne vend sa gamme Echo que dans un nombre limité de pays, parce qu’Alexa comprend peu de langues.