L’an dernier, WikiLeaks a publié toutes les semaines des documents confidentiels de la Central Intelligence Agency (CIA), nom de code Vault 7, sur ses opérations de piratage, sur ses cyberarmes et sur la manière d’accéder à un iPhone ou de transformer une télévision « intelligente » en appareil secret de surveillance. Et sur le Consulat des États-Unis à Francfort, qui serait une base de renseignement pour pour l’Union européenne, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Ce fut à la fois une source de honte pour ses officiels, et la plus grande fuite de documents de son histoire.

L’auteur des fuites serait Joshua A. Schulte, un ancien ingénieur de la CIA de 29 ans, dont la mission était de développer des logiciels malveillants pour infiltrer les systèmes informatiques de terroristes et d’autres cibles. Il a quitté l’agence de renseignement en novembre 2016 pour travailler à New York pour Bloomberg en tant qu’ingénieur logiciel.

En mars 2017, une semaine après la première fuite, son appartement était perquisitionné et son passeport était saisi pour l’empêcher de partir à Mexico.

Pourtant, l’agence de renseignement le fit alors condamner en août pour possession de pornographie enfantine, après avoir trouvé plus de 10 000 images illicites sur l’un de ses serveurs. Schulte, qui a plaidé non coupable, son serveur étant public, est incarcéré depuis décembre.

Bizarrement, un an après, la CIA ne l’a toujours pas condamné pour la fuite des documents. Le procureur affirme eu presque immédiatement suffisamment de preuves pour lancer une enquête, qui est toujours en cours et implique le réseau d’anonymat Tor.

Les avocats de Schulte ont demandé à plusieurs reprises que le procureur prenne une décision sur les accusations de fuite. Tant qu’il n’est pas inculpé, Schulte ne peut pas se défendre.

WikiLeaks aurait exagéré l’impact des outils de piratage de la CIA sur les libertés civiles des Américains, puisque la plupart étaient conçus pour cibler un petit nombre de cibles à haute priorité.

Comme nous l’écrivions à l’époque:

« […]il nous semble que, contrairement à ce qu’affirme Julian Assange, le chef de WikiLeaks, ces révélations n’auront jamais la même portée que les révélations du dénonciateur Edward Snowden, qui a révélé aux Américains et au monde l’étendue de la surveillance de masse, sans discrimination, de la NSA. »

La CIA exploite et développe quelques outils de piratage, mais ce n’est pas sa mission principale. La National Security Agency (NSA) est en charge du cyberespionnage aux États-Unis.

Le plus important dans l’affaire serait que quelqu’un est parvenu à sortir une quantité impressionnante de données secrètes d’un établissement hautement protégé.