Le constructeur américain de voitures électriques Tesla affirme avoir développé sa propre puce d’intelligence artificielle, nom de code « Hardware 3 », et que celle-ci va remplacer la plate-forme Drive PX 2 de NVIDIA dans ses voitures nouvellement produites, à partir de l’an prochain.

Hardware 3 serait compatible avec le système actuel, ce qui éviterait à Tesla de devoir écrire à nouveau le code source de l’Autopilot et des autres systèmes.

Tous les connecteurs physiques seraient également compatibles, ce qui permettrait à Tesla de tout simplement remplacer un circuit intégré par un autre.

D’après Pete Bannon, en charge du projet, Tesla a l’avantage de savoir à quoi ses réseaux neuronaux ressemblent, et à quoi ils ressembleront dans le futur. Bannon est un ancien d’Apple, pour qui il a développé la puce A5.

Elon Musk, CEO, renchérit que la plate-forme de Tesla peut faire tourner les réseaux neuronaux à un niveau ‘fondamental’, contrairement à ‘une sorte de mode émulation’ sur les processeurs et les accélérateurs graphiques.

D’après cette description, on peut se demander si la puce de Tesla ressemble plus à la Tensor Processing Unit de Google, ou au Project Brainwave de Microsoft, qu’aux accélérateurs graphiques.

Alors que le système de vision par ordinateur de Tesla traiterait 200 images par seconde avec NVIDIA, il en traiterait dix fois plus, avec redondance et basculement automatique, avec Hardware 3.

Pour Tesla, le principal intérêt serait de contrôler sa propre plate-forme matérielle, plutôt que de dépendre d’un fournisseur qui travaille avec la plupart des constructeurs automobiles.

Si un ordre de magnitude semble significatif, NVIDIA doit lancer au second semestre 2018 le successeur de Drive PX2, nommé Drive PX 2 Pegasus, et promet également des performances décuplées.

Si Musk ne l’a pas précisé, il nous semble raisonnable de supposer qu’il fait allusion aux performances de l’actuel Drive PX2,et non du futur Pegasus. On peut donc supposer que le Hardware 3 et le Drive PX 2 Pegasus auront des performances similaires.

On notera que Tesla va devoir communiquer avec prudence sur l’ordinateur Hardware 3, car cette annonce peut être comprise comme l’aveu que le système actuel n’est pas assez performant. Or, ce dernier est vendu très cher, avec la promesse qu’il est suffisant pour une autonomie complète du véhicule, sans addition ou modification matérielle, par simple mise à jour logicielle, quand celle-ci sera disponible.

Plus généralement, cette annonce préfigure sans doute un débat qui devra finir par avoir lieu : à qui appartiennent les données générées par une voiture ? Au constructeur automobile ? Au propriétaire de la voiture ?