Linus Torvalds a contribué à changer le monde de l’informatique en créant en 1991, puis en maintenant Linux, un clone open source de Unix.

Si Linux n’a jamais réussi à détrôner Windows et macOS des ordinateurs de bureau, il est devenu le système d’exploitation le plus populaire pour les serveurs et le nuage, pour les périphériques mobiles – Android en étant une surcouche– et pour l’internet des objets.

Ce succès s’explique bien sûr par la gratuité, par la convergence des intérêts, comme quand Lou Gerstner, CEO d’alors d’IBM a décidé en 2000 de sacrifier son propre Unix (AIX) pour investir un milliard de dollars dans Linux afin d’affaiblir Microsoft.

Mais aussi parce que c’est devenu la référence de facto des Unix, qu’il est porté sur de multiples plateformes, et qu’il souffre, un peu moins que les autres Unix, de l’absence de pilotes matériels.

Une part non négligeable de ce sujet est sûrement à mettre sur le compte de son créateur, qui est payé depuis des décennies par différentes entreprises pour être le mainteneur principal de Linux, i.e. du noyau du système d’exploitation. C’est Linus Torvalds qui décide quels sont les changements et les contributions qui sont acceptés, et ceux qui sont rejetés.

Une responsabilité qui affecte la sécurité, la stabilité et la performance du système, et à plus long terme son architecture.

Torvalds a pourtant un défaut bien documenté depuis des décennies : il n’hésite pas à insulter les contributeurs de Linux, ou à les malmener en ligne, parce que leur code comporte un bogue, ou parce qu’il ne correspond pas à l’idée que se fait Torvalds d’une bonne programmation, etc, ce que nous avons documenté à plusieurs reprises dans nos articles.

Par ce comportement, il a contribué à dégoûter de nombreux contributeurs, qui ont cessé de participer au projet open source, appauvrissant ainsi les futures perspectives du système d’exploitation.

On est donc surpris, et fort heureux, d’apprendre qu’après toutes ces années, Torvalds reconnaît enfin le manque de professionnalisme de ses diatribes, la nécessité de changer.

Dans un message sur une liste de diffusion, il affirme : *

« Je dois changer en partie de mon comportement et je souhaite m’excuser auprès des personnes que mon comportement a heurtées, et potentiellement éloigné entièrement du développement du noyau.

Je dois faire une pause pour obtenir de l’aide pour me comporter autrement et résoudre quelques difficultés dans mon équipement et dans mon workflow. »

 

* Traduction: Le Diligent