Le gouvernement des États-Unis mènerait une campagne atypique envers ses alliés, en cherchant à persuader les gouvernements, les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès internet de ne pas acheter d’équipement de Huawei Technologies.

Huawei est le premier fournisseur d’équipement de réseaux et de télécommunications, et le deuxième vendeur d’ordiphones (en volume). Fondée par Ren Zhengfei, un ancien colonel de l’armée Chinoise en 1987, Huawei est devenu un colosse international de plus de 180 000 employés dans 170 pays et un chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de dollars sur les douze derniers mois.

Aux États-Unis, les équipements de réseau et télécoms de Huawei sont quasi-interdits depuis 2012.

Depuis cette année, la FCC restreint les subventions fédérales des opérateurs qui utilisent des équipements Huawei ou ZTE.

En février 2018, les directeurs de la CIA, de la NSA et du FBI ont affirmé au Sénat qu’ils déconseillaient à leurs concitoyens d’acheter des ordiphones Huawei.

Des officiels auraient déjà informé leurs homologues des gouvernements alliés et des cadres des opérateurs dans les pays dans lequel l’équipement Huawei est déjà largement utilisé, comme l’Allemagne, l’Italie et le Japon.

Les risques de sécurité motiveraient cet appel. En particulier, les risques dans les pays qui hébergent des bases militaires américaines, comme les trois pays susmentionnés.

Si le département de la Défense exploite ses propres satellites et son propre réseau de télécommunication pour les communications confidentielles, la plupart du trafic des installations militaires passe par les réseaux commerciaux.

La Chine pourrait espionner ou couper les communications des infrastructures critiques en manipulant les équipements.

Ce qui inquiète le plus l’administration, c’est qu’en Chine, Pékin n’éprouve aucune difficulté à imposer ses requètes aux entreprises chinoises. Huawei se défend en affirmant que l’entreprise appartient à ses employés, et qu’elle n’est soumise à aucun gouvernement.

Le gouvernement américain évaluerait même la possibilité d’offrir des aides financières aux pays émergents qui interdiraient les équipements réseaux et télécommunications provenant de Chine.

En lançant une guerre commerciale contre la Chine, et en renforçant les règles d’acquisition des entreprises américaines par des investisseurs chinois, Washington a attisé les tensions avec Pékin.

La campagne démarre maintenant, avant le cycle d’acquisition des équipements pour la 5G.

La 5G est non seulement la nouvelle norme pour les télécommunications mobiles, mais elle pourrait affecter profondément les réseaux de télécommunication.

Jusqu’ici, les infrastructures mobiles ont largement été séparées du ‘cœur’du réseau qui transfère la plupart des données et des appels vocaux.

Avec la 5G, certaines tâches du cœur seront cédées aux équipements mobiles des tours cellulaires.

Pour contrecarrer la méfiance à son égard, Huawei ouvre des laboratoires de transparence dans lesquels ses produits sont inspectés pour les vulnérabilités de sécurité. D’abord au Royaume-Uni puis en Allemagne. Pas toujours avec succès, puisque le gouvernement anglais a émis des réserves en juillet.

En France, le Sénat (2012) puis le gouvernement (2013) ont songé à interdire les équipements télécoms chinois, sans passer à l’action. En 2015, un programme secret-défense de veille et d’action contre l’ingérence de Huawei fut lancé sous le nom de code Cerbère.

Le pouvoir craint que Huawei cherche à s’approprier les résultats de la recherche française via des partenariats déséquilibrés.