Elon Musk, CEO de Tesla, s’est rendu en Chine pour inaugurer avec les officiels Chinois son terrain vague, et le début des travaux qui devraient déboucher sur Gigafactory 3, la première usine du constructeur automobile hors États-Unis.

Gigafactory 3 fut pré-annoncée lors de l’Assemblée des actionnaires de juin 2018.

Un accord préliminaire avec les autorités de Shanghai fut ensuite signé pour la construction d’une usine d’une capacité de production – à terme – de 500 000 véhicules électriques par an.

En octobre, Tesla aurait payé 140 millions de dollars pour 81 hectares de terrain.

La Gigafactory 3 doit fabriquer des voitures comme des batteries.

L’intérêt de cette usine pour Tesla est de baisser les coûts de fabrication de ses modèles, et d’alimenter le marché chinois directement sans taxe d’importation.

Sa construction arrive toutefois au plus mauvais moment, alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine créées par Donald Trump sont toujours élevées, que le marché de l’automobile chinois, le deuxième pour Tesla, s’est contracté pour la première fois en 2018, et que les concurrents dans le domaine des véhicules électriques sont plus présents que jamais, en Chine comme ailleurs.

On se demande comment Tesla, de l’avis même de Musk au bord de la catastrophe en 2018, et malgré un ou deux trimestres de bénéfices aussi douteux que symboliques, pour un total de 2 à 3 en 15 ans, va financer un tel chantier.

Selon certains observateurs, la demande pour les véhicules de Tesla va chuter aux États-Unis à la suite de la baisse de 50 % du crédit d’impôt fédéral à 3 750 dollars, effective au 1er janvier 2019. L’Union Européenne ne pourra prendre le relais au mieux qu’en mars, puisque le Model 3 n’a toujours pas obtenu son homologation.

En mars, Tesla devra rembourser en numéraire un emprunt de près d’un milliard de dollars, à moins que le cours de son action n’ait été au-dessus de 360 dollars pendant plus des 20 jours précédents, auquel cas elle pourra rembourser en actions.

Musk devra donc appliquer son génie à convaincre les investisseurs que le cours de Tesla est sous-évalué, alors même qu’il est ridiculement élevé par rapport au secteur automobile.

Comme aujourd’hui, avec un cours en hausse de plus de 4 % à 330 dollars à la mi-séance, avec la cérémonie chinoise.

Toutefois, ses tours d’illusionnisme convainquent de moins en moins. L’inauguration du tunnel de la Boring Company, et un trajet à 50 km/h n’a pas convaincu grand monde. Pas plus que l’image de la future fusée de SpaceX, retouchée avec peu de talent. SpaceX, qui n’aurait rassemblé que 250 des 750 millions de dollars souhaités d’emprunt.

Et si Tesla a annoncé un nouveau record de production et de livraison au quatrième trimestre 2018, +8 % dans les deux cas par rapport au troisième trimestre, l’entreprise n’a toujours pas expliqué pourquoi 35 000 de ses véhicules n’étaient toujours pas enregistrés aux États-Unis.