Durant le discours inaugural du salon CES, qui se tient cette année du 8 au 11 janvier à Las Vegas, Intel tente d’attiser l’excitation du grand public sans avoir rien de bien concret à démontrer, en présentant à nouveau sa feuille de route pour processeurs, dévoilée début décembre lors de son Architectural Day.

Le fondeur a mis l’accent sur le premier processeur Ice Lake 10 nm, basé sur la nouvelle architecture Sunny Cove, avec l’intégration de Thunderbolt 3, de Wi-Fi 6 et de DL Boost (Deep Learning Boost, accélération de l’apprentissage automatique). Et surtout la première plateforme d’Intel intégrant l’architecture graphique intégrée Gen11, qui devrait combler en partie le fossé de performance avec les puces graphiques intégrées de AMD.

Pegatron et Wistron ont montré des systèmes basés sur cette génération de processeur, et Dell a même présenté un ordinateur portable XPS basé sur Ice Lake… un ordinateur éteint toutefois.

Intel promet que les ordinateurs Ice Lake seront disponibles pour noël 2019. À supposer que le fondeur ne soit pas encore, une fois de plus, en retard, cela laisse encore un an à la concurrence pour imposer des processeurs fabriqués avec une finesse de gravure de 12 et de 7 nanomètres.

Intel a remontré sa technologie Foveros 3D, présentée en décembre dernier. Il s’agit d’une méthode de production avec empilement des transistors d’une puce sur plusieurs couches.

C’est sur cette base que Intel veut développer un processeur hybride 10 nm, nom de code Lakefield. Hybride, dans le sens d’un cœur haute performance Sunny Cove allié à quatre cœurs Atom basse consommation, ce qui rappelle l’architecture adoptée depuis des années par ARM dans ses conceptions de processeurs mobiles.

Le Project Athena a également été annoncé. Il s’agit d’un ensemble de spécifications pour une nouvelle classe d’ordinateurs portables avancés, tirant parti des technologies les plus récentes comme la 5G et l’intelligence artificielle. On peut le considérer comme une réaction à la plateforme toujours en marche, toujours connectée, co-développée par Microsoft et Qualcomm, ou comme la volonté par Intel de redéfinir une classe prémium d’ordinateurs portables.

Au final, il faudra patienter : beaucoup de promesses, mais rien de disponible, si ce n’est des processeurs Intel Core de neuvième génération qui ont la fâcheuse tendance à revendiquer des dissipations thermiques bien en deçà de la réalité.