Un étudiant de 20 ans de la région de la Hesse est suspecté par le Bundeskriminalamt (Office fédéral de la police criminelle) d’avoir volé les données personnelles de personnalités allemandes – politiciens, sauf du parti d’extrême droite, journalistes, chanteurs de rap, personnalités sur la toile, etc. – et de les avoir illégalement publiées sur Twitter.

Durant la conférence de presse, le procureur principal Georg Ungefuk affirme que l’étudiant, dont l’identité ne sera pas dévoilée, habite chez ses parents, qu’il aurait agi, seul, par colère contre les personnes visées à cause de leurs déclarations publiques.

Une perquisition a été menée le 6 janvier, les ordinateurs et les supports de données ont été saisis, et sont toujours en cours d’analyse.

L’accusé aurait reconnu les faits lors d’une audience le 7 janvier, et même aidé les enquêteurs à mettre la main sur un ordinateur supplémentaire et une sauvegarde sur un service de stockage de fichiers.

Le jeune homme a été relâché lundi soir. Il est considéré comme un adolescent envers qui la peine totale ne saurait être appliquée. Il aurait manifesté une réaction de regret manifeste.

Les autorités furent informées deux jours auparavant, alors que l’accusé avait annoncé les révélations sous des pseudonymes sur Twitter en novembre. Il a commencé à publier les informations personnelles à partir du premier décembre, à la manière d’un calendrier de l’avent dont on ouvre une fenêtre chaque jour.

Les tweets incluaient des liens vers plus d’informations sur d’autres plateformes en ligne.

Près de 1 000 personnalités ont été attaquées, mais les données personnelles sensibles n’auraient été révélées que pour 60 d’entre elles.

Les informations dévoilées incluent les adresses privées de courriels, les informations sur les cartes de paiement, des échanges privés, des photos d’enfants.

L’opposition a vivement critiqué la Chancelière Angela Merkel, ainsi que le ministère de l’intérieur, pour n’avoir découvert l’incursion qu’un mois après le début des divulgations illégales.

Ce qui est sûr, c’est que le jeune homme est soit tombé sur une base de données de mots de passe ou de comptes piratés, soit techniquement sophistiqué.

Le fait d’avoir déposé les informations sur divers services en ligne, et d’avoir publié les liens sur Twitter est sans doute volontaire. Le jeune homme savait que si les comptes Twitter et les tweets étaient rapidement bloqués, les informations personnelles continueraient d’être disponibles bien plus longtemps sur les autres plateformes.