Le conseil d’administration d’Alphabet, la maison mère de Google, est poursuivi en justice par des actionnaires pour avoir approuvé une offre de départ volontaire de 90 millions de dollars pour Andy Rubin, le créateur d’Android, tout en aidant à cacher sa faute professionnelle supposée, ainsi que la conduite similaire d’autres dirigeants.

Cette offre de départ volontaire de 2014, à la suite de l’accusation de harcèlement sexuel de Rubin par une employée, fut dévoilée par le New York Times en octobre 2018.

À son départ, Larry Page avait souhaité tous ses vœux à Rubin.

Les révélations du NYT choquèrent l’opinion comme la main-d’œuvre de Google. La faible défense de Sundar Pichai, actuel CEO de Google, n’avaient pas convaincu.

Rubin ne serait pas un cas isolé. Un traitement de faveur similaire aurait été offert en 2016 à Amit Singhal, alors en charge du moteur de recherche.

L’action en justice est intentée devant la cour californienne pour le comté de San Mateo par les fonds de pension Northern California Pipe Trades Pension Plan et Teamsters Local 272 Labor Management Pension Fund.

Les investisseurs affirment que le conseil d’administration n’a pas respecté ses obligations en laissant des harcèlements sexuels se produire, en approuvant des offres de départ élevées, et en ne divulguant pas les détails.

Ils accusent directement les dirigeants et tous ses administrateurs, notamment les cofondateurs Larry Page et Sergey Brin, le capital-risqueur John Doerr, l’investisseur Ram Shriram et le directeur juridique David Drummond.

Dans l’accusation de 62 pages, on peut lire* :

« Larry Page et Sergey Brin, les accusés, ont laissé Rubin démissionner discrètement après qu’une enquête interne a conclu que les allégations à son encontre de harcèlement sexuel étaient crédibles. Pendant qu’il était en poste à Google, Rubin aurait eu recours au trafic sexuel, payant des femmes des centaines de milliers de dollars pour, selon ses propres mots ‘lui appartenir’. »

Les investisseurs exigent que la cour reconnaisse tous les accusés coupables, leur fasse payer tous les dommages et intérêts qu’ils ont causés à Alphabet par leurs manquements à leurs obligations fiduciaires, enrichissement illégitime, et pertes pour l’entreprise, y compris tous les dommages compensables d’après la loi ou par les statuts, ainsi que le remboursement de tous les profits, bénéfices et autres compensations obtenus par les accusés.

Tous les dommages et intérêts reviendraient à Google, les fonds de pension ne recherchant que le remboursement de leurs frais de justice.

Ils exigent aussi que la cour oblige les accusés à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à un environnement de travail hostile dans l’entreprise, ainsi que la constante de non-respect des lois sur la vie privée.

Un groupe d’employés de Google a approuvé hier l’action en justice.

Le seul à réagir à l’affaire est Andy Rubin, qui persiste à affirmer qu’il s’agit d’une fausse représentation de son départ et l’exagération d’affirmations de son ex-femme.

* Traductions: Le Diligent