Le parangon de vertu Facebook est à nouveau sous la sellette.

Les documents d’un recours collectif contre le réseau social ont été rendus public, pour donner suite à une action juridique de Reveal.

Les enregistrements font partie du recours collectif qui accuse Facebook d’avoir ciblé frauduleusement les enfants.

Au total, 135 pages de documents entre 2010 et 2014 laissent une image troublante de la façon de l’entreprise dirige ses affaires.

Pour maximiser les revenus, Facebook a incité les développeurs de jeux à laisser les enfants dépenser de l’argent sans l’aval de leurs parents, et a même attribué un nom à cette stratégie : « fraude amicale ».

Parfois, même les enfants ne savaient pas qu’ils dépensaient de l’argent, d’après un rapport interne de Facebook. Et ses employés en étaient parfaitement conscients. Les enfants n’avaient pas conscience qu’une carte de paiement de leurs parents était liée à leur compte, et qu’ils dépensaient de l’argent réel.

Les parents ignoraient souvent que leurs informations de cartes de paiements avaient été enregistrées par Facebook, et que leurs enfants pouvaient l’utiliser sans le moindre mot de passe ou autre forme de vérification.

Pendant des années, la direction de Facebook aurait ignoré les avertissements de ses employés sur la tromperie des enfants.

Pourtant, dès 2011, le taux 18 fois supérieur à la moyenne et le montant des demandes de remboursement, incroyablement élevé, aurait dû alerter n’importe quel dirigeant.

On peut d’ailleurs se demander si les fournisseurs de cartes de paiements n’ont pas été complices dans cette fraude massive, puisque souvent, elles placent les entreprises avec un taux de plus de 1 % de demande de remboursement sous surveillance.

La Federal Trade Commission estime qu’un taux de remboursement de 2 % est un signal d’alarme que l’entreprise est trompeuse.

Une équipe aurait même développé un système pour éviter la fraude contre les enfants, un système que la direction n’a pas cru bon d’implémenter.

Dans les cas où les parents se sont aperçus des dépenses de leurs enfants, comme ce couple qui a découvert une dépense de 6 500 dollars (environ 5 730 euros) en deux semaines par son adolescent de 15 ans, l’entreprise a refusé de les rembourser.

Les employés de Facebook qualifiaient ces enfants de baleines, un terme emprunté aux casinos, décrivant de grands dépensiers. Un enfant pouvait ainsi dépenser des centaines de dollars par jour à équiper ses caractères, sans s’en rendre compte jusqu’à l’arrivée de la facture de la carte de paiement.

L’âge moyen des enfants qui jouaient à Angry Birds, un jeu avec un taux de demandes de remboursement très élevé, était cinq ans…

Les parents ont dû se tourner vers le Better Business Bureau, une organisation américaine qui promeut la confiance entre les consommateurs et les entreprises, leurs organismes de cartes de paiement ou la justice.

Tel un assureur véreux, Facebook avait développé un système pour refuser systématiquement les demandes de remboursement sur cartes de paiements, sans les lire ou les analyser. Il n’est pas clair si l’entreprise a fini par utiliser ce système ou nom.

Dans ces conditions, on ne peut espérer que des dommages punitifs exemplaires contre Facebook. Comme on serait étonné que le problème soit uniquement américain, on espère que les autorités européennes ont commencé à enquêter.