Le maire de Paris Anne Hildalgo a confié au Journal du Dimanche qu’une nouvelle action en justice est lancée contre la plateforme de location touristique Airbnb, qui ne respecterait pas la loi.

Ses agents de contrôle auraient recensé « une première salve » de 1 000 annonces illégales, chacune passive d’une amende de 12 500 euros, pour un total de 12,5 millions réclamé.

Hidalgo trouverait formidable les systèmes d’échanges d’appartements mais estime que les plateformes sont complices des multipropriétaires qui louent toute l’année des appartements aux touristes sans les déclarer, ne s’affranchissant pas de la taxe de séjour et esquivant la limite légale de 120 nuitées par an pour une résidence principale. Une tolérance qu’Hidalgo aimerait ramener à 30 nuitées par an.

Les 65 000 hébergements à louer sur la plateforme sont autant de logements en moins, ce qui fait « grimper les prix de l’immobilier, causent des nuisances pour les voisins, déstabilisent le commerce local, concurrencent l’hôtellerie qui, elle, s’acquitte de ses obligations. »

Depuis la loi Élan adoptée en décembre 2018, les propriétaires ne sont plus les seuls à risquer jusqu’à 50 000 euros d’amende : les plateformes risquent jusqu’à 12 500 euros d’amende pour chaque annonce qui omet le numéro d’enregistrement obligatoire auprès de la mairie.

Airbnb affirme avoir fait des efforts, et renvoie au droit européen qui la dispenserait de surveiller de manière proactive l’activité de ses utilisateurs. Le juge des référés doit se prononcer en mars sur la demande de la mairie que les annonces non conformes soient retirées.

Les principales plateformes en France se sont engagées auprès du gouvernement à instaurer un blocage automatique à 120 nuitées dans 18 villes françaises dès le 1er janvier 2019.

Conformément à ses obligations légales, Airbnb a collecté 24 millions d’euros de taxe de séjour en 2018 pour le compte de 23 000 villes en France, dont 7,5 millions pour Paris.