Le président des États-Unis Donald Trump a délivré un ordre exécutif, qui, de façon simplifiée, interdit à toute entreprise ou organisation visée d’utiliser des technologies d’entreprises américaines, au nom de la sécurité nationale.

Officiellement, cet ordre est « agnostique ». L’annonce le même jour par le département du Commerce des États-Unis d’une liste de 12 entités étrangères placées sur la liste des organisations visées par l’ordre exécutif, dont Huawei, prouve qu’il n’en est rien.

Il s’agit tout simplement de placer le numéro un mondial des équipements télécoms et le numéro trois mondial des ordiphones dans une situation difficile : il ne pourra particulièrement plus obtenir Android*, ni les puces mobiles Qualcomm.

Il lui est déjà interdit de vendre des équipements télécoms aux administrations américaines et à toute entreprise ayant une relation commerciale avec ces administrations. Les États-Unis font également pression sur le Canada pour obtenir l’extradition de la directrice financière de Huawei, la fille du fondateur du groupe.

Il s’agit d’une nouvelle étape dans l’escalade économique entre les États-Unis et la Chine, alors que Trump a ordonné des tarifs douaniers de 25 % sur des produits chinois il y a quelques jours, en avertissant la Chine de ne pas riposter.

Cette dernière a toutefois bien annoncé son intention de contre-attaquer, même si ses moyens sont limités, dans la mesure où elle importe bien moins de produits américains que les États-Unis n’importent de produits chinois.

Trump doit rencontre son homologue Xi Jinping en juin, mais sa dernière initiative ne va pas faciliter les négociations pour un accord commercial.

Il est certes possible que Huawei pose un risque de sécurité pour les États-Unis, mais cette dernière, qui a tenté d’interdire aux États européens d’acheter des équipements de l’entreprise chinoise, n’a jamais divulgué le moindre commencement de preuve de danger ou d’espionnage.

Et contrairement à ZTE, Huawei ne fait l’objet d’aucune action en justice aux États-Unis.

On doit donc supposer que le président Trump emploie à nouveau abusivement les droits qui lui sont conférés pour protéger son pays, à des fins commerciales.

Exactement comme la menace de taxer les automobiles européennes 25 % parce qu’elles représenteraient un danger national pour les États-Unis.

Cette dernière mesure va-t-elle inciter la Chine à accepter les desiderata américains ? Tout le monde n’en est pas persuadé.

Bloomberg estime que ce nouvel épisode va solidifier l’image de victime persécutée de Huawei. Une entreprise qui n’effectue que 6,6 % de ses ventes aux États-Unis.

 

* Comme Android est en open source, Huawei pourrait sans doute juridiquement contrer ne pas le recevoir de Google.