Un rapport explosif de plus de 70 pages de Ernst & Young affirme que Gerald Cotten, le fondateur et CEO de la plateforme d’échanges de cryptomonnaies Quadriga CX, qui serait mort en décembre dernier, a volé plus de 200 millions de dollars (175 millions d’euros) à ses clients.

Ce rapport est commandité par la Cour suprême de Nouvelle-Écosse, Canada.

« Des volumes importants de cryptomonnaies furent transférés de Quadriga à des plateformes concurrentes, dans des comptes personnels contrôlés par M. Cotten. Il semblerait que les cryptomonnaies des clients ont été échangées sur ces plateformes, et ont parfois servi de valeurs pour un compte sur marge. »

D’autres sommes furent envoyées sur des comptes dont les propriétaires n’ont pas pu être déterminés par E & Y.

Entre 2016 et 2018, Cotten a transféré 9 450 bitcoins, 387 738 ethereums et 239 020 litecoins, pour un total d’environ 200 millions d’euros aux cours actuels.

Cotten aurait aussi ouvert de faux comptes sur Quadriga et les aurait crédités avec des montants en vraies monnaies qui n’existaient pas, afin d’acheter des cryptomonnaies à ses clients, en particulier sous le nom d’emprunt Chris Markay.

Il aurait perdu des sommes considérables en spéculant sur des cryptomonnaies telles que zcash, dash, dogecoin et omisego

Un échange tiers aurait reçu 21 501 bitcoins, soit près de 176 millions d’euros au cours actuel sur un compte au nom de Cotten. Il ne coopère pas avec E & Y.

Quadriga, qui doit plus de 190 millions de dollars à ses créanciers, s’est placée en redressement judiciaire en janvier. L’entreprise affirme ne pas pouvoir accéder aux comptes de Cotten, ne trouvant pas ses clés privées.

Le FBI et les autorités canadiennes enquêtent sur cette affaire.

En plus des escroqueries, E & Y met en avant la mauvaise gestion et les pratiques comptables exécrables de l’entreprise : pas de journaux de transactions, pas de plan d’urgence,

Les clients de Quadriga CX doivent transmettre leurs preuves de créance avant le 31 août 2019. Une tâche d’autant plus complexe que le site de l’entreprise n’est plus en ligne depuis janvier.