Le bras de fer commercial que les États-Unis imposent à la Chine depuis des mois ne semble pas tourner à l’avantage des Américains.

Dans une tribune dans le Wall Street Journal, Jason Furman soutient que Trump est en train de perdre la guerre commerciale contre la Chine.

Les faits semblent lui donner raison : le droit de douane de 10 % imposé à l’ensemble des produits importés de Chine, qui est effectif au 1er septembre, est repoussé pour de nombreux produits au 15 décembre, afin de ne pas massacrer les ventes des fêtes de fin d’année.

Et pour la deuxième fois, les États-Unis viennent d’accorder à Huawei une extension de 90 jours à la licence spéciale qui lui permet de passer outre l’interdiction permanente d’importer des technologies des États-Unis (y compris Android et les puces Qualcomm), la première ayant été conférée en mai. Le ministère du Commerce évaluera plus tard la possibilité d’étendre l’extension à plus de 90 jours.

Pour mémoire, Trump a déclaré, sans aucune preuve, Huawei, premier fabricant au monde d’équipements de réseaux et deuxième fabricant au monde d’ordiphones, comme un danger pour la sécurité nationale.

L’entreprise chinoise est mise à l’index, et n’a pas le droit d’importer toute technologie en provenance des États-Unis.

Cette décision, qui pourrait coûter très cher à Huawei, est un point de dispute majeur entre les deux pays.

Huawei affirme que les actions du gouvernement américain sont une violation des principes de base de la libre concurrence, et qu’elles ne sont dans l’intérêt de personne, y compris des entreprises américaines.

L’extension ne s’applique toutefois qu’à des produits en service, pour leur maintenance et leur réparation, et non pour de nouveaux produits. Elle donne plus de temps aux opérateurs télécoms clients de Huawei pour prendre des mesures alternatives.

Si l’extension n’est pas renouvelée à chaque fois, on pourrait en arriver à un point où Google ne peut plus travailler avec Huawei : les utilisateurs de smartphones Huwei dans le monde entier ne pourraient plus installer de nouvelles applications du Google Play Store, ni les mettre à jour.

Pour faire bonne mesure, en même temps que cette extension, le ministère du commerce a ajouté 46 affiliés de Huawei à la liste des entités mises à l’index, et le ministre Wilbur L. Ross publie le même jour un article d’opinion selon lequel les travailleurs américains seraient en train de gagner…

Quant à la Chine, elle a assuré qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger l’intérêt de ses compagnies. En représailles pour Huawei, elle pourrait bloquer ou limiter les exports de métaux rares, dont elle détient 80 % du marché mondial, vers les États-Unis.