Le quotidien national Corriere della Sera écrit que des procureurs italiens enquêtent sur Netflix, pour omission de déclaration fiscale.

Le parquet de Milan a ouvert l’enquête, qui n’est pas publique. Le procureur général Francesco Greco, qui a confié l’enquête au procureur adjoint Gaetano Ruta, estime que la présence physique du groupe américain, y compris ses fibres optiques et ses serveurs, est suffisante pour le qualifier d’entreprise locale, et donc assujettie à l’impôt en Italie.

Même si l’entreprise ne déclare aucun employé en Italie, et n’a pas de filiale locale.

Netflix compte 1,4 million de clients en Italie d’après Comparitech (Netflix ne divulgue que deux nombres d’abonnés : États-Unis et reste du monde), qui lui rapportent des dizaines de millions d’euros chaque année. Et peut-être 2 millions d’abonnés d’ici la fin de l’année.

Ces dernières années, les autorités fiscales italiennes se battent avec vivacité et succès contre les multinationales et leurs évasions ou leurs fraudes fiscales.

Elles ont récupéré des arriérés d’impôts d’Amazon, Apple, Facebook, Google et de bien d’autres groupes. En mai, Kering SA a payé 1,25 milliard d’euros aux autorités afin de boucler les dossiers de 2011 à 2017.

À la suite de raids dans ses bureaux par la Guarda di Finanzia, Mastercard a reconnu mercredi qu’elle se soumettait à un audit fiscal obligatoire.

Dans un communiqué, Netflix assure collaborer de façon étroite avec les autorités fiscales italiennes et payer tous les impôts dus, en Italie comme partout.

Hasard du calendrier ? Reed Hastings, son CEO, doit conclure une affaire avec l’industrie italienne du cinéma la semaine prochaine.