D’une année sur l’autre, le chiffre d’affaires de Netflix au troisième trimestre 2019 est en hausse de 31 % à 5,2 milliards de dollars, et son résultat net bondit de 65 % à 665 millions de dollars – respectivement près de 4,7 milliards et 602 millions d’euros.

Ces résultats sont salués par une hausse du cours de son action de 7,65 % avant l’ouverture du NASDAQ.

Toutefois, ils ne convainquent pas tout le monde.

Le nombre d’abonnés supplémentaires s’élève à 6,77 millions, ce qui est inférieur aux prévisions de l’entreprise même (7 millions). C’est le deuxième trimestre consécutif où les prévisions de Netflix sont supérieures à la réalité.

L’entreprise a averti qu’elle n’indiquerait plus le nombre d’abonnées aux États-Unis, pour ne plus rapporter qu’un nombre global. Chaque fois qu’une entreprise arrête soudainement de divulguer une métrique toujours utilisée jusqu’ici, c’est que son évolution n’est pas positive. Comme l’abandon par Apple de la publication du nombre d’iPhones vendus.

Ici, seuls 500 000 nouveaux abonnés ont été ajoutés aux États-Unis, contre 800 000 prévus.

Certains notent que 25 % du résultat net est dû à l’impact de l’évolution des taux de change sur la dette à long terme, et que le taux d’ammonisation par rapport au chiffre d’affaires a soudainement fortement diminué ce trimestre.

Quoi qu’il en soit, le flux négatif de trésorerie au cours des douze derniers mois ne cesse d’empirer. Il s’élève à -2,9 milliards de dollars contre -2,1 milliards un an auparavant.

Pour le quatrième trimestre, Netflix vise une croissance de 30 % d’une année sur l’autre, et de 9 % du revenu moyen par abonné, ainsi qu’une augmentation nette de 7,6 millions d’abonnées (contre 8,8 millions au 4e trimestre 2018). Ce qui impliquerait 900 000 ajouts d’abonnés en moins sur l’ensemble de l’année qu’en 2018.

Netflix augmente la production de ses contenus originaux par anticipation du retrait de licences de contenus tiers.

L’entreprise note que si la compétition va s’accroître avec l’arrivée de Disney +, Apple +, HBO Max et Peacock, elle se bat avec succès depuis 10 ans sur ce marché, et que la diffusion sur internet ne représente toujours qu’une petite proportion du temps passé sur la « télévision linéaire ».