Facebook a annoncé lundi avoir découvert et supprimé quatre réseaux de désinformation supplémentaires : trois d’origine iranienne et une d’origine russe, avec des acteurs soutenus par des États et qui se faisaient passer pour des personnes authentiques.

Les réseaux iraniens de désinformation visaient les Etats-Unis, les populations d’Afrique du nord de langue française et les populations d’Amérique latine.

Le réseau russe, soutenu par 50 comptes de l’Internet Research Agency (IRA), une agence de manipulation russe, se concentrait directement sur la campagne présidentielle américaine de 2020, et tentait de discréditer les candidats démocrates, dont l’ancien vice-président Joseph R. Biden Jr. et les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren, d’après Graphika,, une entreprise de recherche sur les réseaux sociaux.

L’IRA avait déjà pris part à des campagnes d’influence lors des élections présidentielles américaines de 2016.

Facebook affirme interdire les « comportements coordonnés inauthentiques », vouloir être plus transparent sur l’origine des publications et mieux contrôler l’identité des contributeurs comme celle des annonceurs publicitaires.

Facebook va ainsi étiqueter les pages des organisations considérées comme des médias subventionnés par les États comme telles.

Et toutes les publicités avec pour but d’inciter la population à ne pas voter seront interdites.

Ces bonnes résolutions arrivent quelques semaines après des critiques répétées de toute part contre le réseau social.

En particulier, l’affirmation de Mark Zuckerberg devant la Chambre des représentants des États-Unis, qu’il n’y avait pas d’autre choix à la désinformation politique sur les réseaux sociaux que de faire avec.

Et sa décision de laisser les hommes politiques écrire n’importe quoi sur ses réseaux sociaux au nom de la liberté d’expression a choqué la classe politique comme la population.

La sénatrice Warren, candidate à l’élection de 2020, a qualifié Facebook de « machine de désinformation pour le profit ».

Facebook fait également l’objet d’enquêtes de la Federal Trade Commission et du Justice Department, aussi bien sur des abus potentiels de position dominante que sur ses violations à répétition de la confidentialité des données personnelles.

Le projet de monnaie virtuelle de Facebook, Libra, est en grand danger, ayant perdu le soutien de presque tous ses partenaires officiels (Visa, Mastercard, etc).

C’est pourquoi Zuckerberg multiplie les apparitions publiques et les entretiens avec les médias.

Il affirme lors d’une conférence téléphonique avec les médias que 35 000 personnes chez Facebook travaillent sur des initiatives de sécurité, pour un budget d’un milliard de dollars. Un chiffre farfelu quand on sait que Facebook emploie 39 651 personnes au 19 septembre 2019. À tel point que l’on se demande s’il ne s’agit pas d’une erreur du New York Times qui relaie cette information.