Durant une remise de prix du groupe médiatique Axel Springer, Elon Musk, CEO de Tesla, a annoncé que sa prochaine usine, « Gigafactory 4 », serait construite aux environs du nouvel aéroport de Berlin, tout comme un centre de design et d’ingénierie.

Et qu’elle serait prête à produire des véhicules électriques dès 2021.

Il recevrait au moins 100 millions d’euros de subventions publiques du land Brandebourg, contre la promesse de jusqu’à 10 000 postes de travail.

D’après Peter Altmaier, ministre de l’économie, la compétition était intense entre plusieurs pays de l’Union européenne pour accueillir ce projet.

Pour le mener à bien, Musk, souvent incorrectement* qualifié de sauveur de la planète, devra détruire des hectares de forêt près de Grünheide, une commune qui n’a pas été mise au courant.

La nouvelle surprend pour plusieurs raisons.

D’abord, BMW, à qui l’on avait proposé le terrain en 2001, avait finalement opté pour Leipzig.

Ensuite, le coût de la main-d’œuvre en Allemagne est prohibitif, c’est pourquoi aucun constructeur automobile allemand n’y a créé d’usine depuis plus de 10 ans, préférant les pays de l’est.

Si les autorités allemandes s’étaient un tant soit peu renseignées, elles sauraient que les citoyens de l’État de New York regrettent amèrement que leur gouverneur ait offert à Tesla une usine clé en main à Buffalo, d’un coût d’un milliard de dollars, contre la promesse d’embauches.

Récemment, l’État a réduit à zéro la valeur  comptable de son investissement, et des enquêtes sont en cours pour expliquer comment les autorités ont pu déraper à ce point, minimisant en secret, et à plusieurs reprises, les conditions imposées à l’origine à Tesla.

Enfin, Tesla n’a pas d’argent pour financer une entreprise. Sa « Gigafactory » à Shanghai a été entièrement financée par la Chine, que Tesla, théoriquement, devra rembourser.

Tesla n’a jamais dégagé un bénéfice annuel depuis sa création il y a 17 ans.

Ses ventes ont chuté ces derniers mois aux États-Unis, en Chine et en Europe, y compris en Allemagne. Alors que son usine américaine est supposée pouvoir produire 500 000 véhicules par an, Tesla risque fort de se retrouver avec 3 usines fonctionnant au ralenti.

 

* Pour obtenir des subventions publiques, Musk avait promis que sa « Gigafactory » serait verte en 2016. Ce n’est toujours pas le cas actuellement, et l’on peut admirer, sur toutes ses usines, l’absence de panneaux solaires. Musk se déplace exclusivement en jet privé et habite dans cinq maisons en même temps.