Aujourd’hui, Stadia, le service de jeu à la demande (cloud gaming) de Google est lancé.

Il s’agit d’un service qui, théoriquement, permet de se passer d’une console de jeux vidéo ou d’un ordinateur personnel puissant, pour jouer à l’aide d’un contrôleur de jeu, d’un écran (télévision, ordinateur, mobile), d’un réseau Wi-Fi et d’une connexion internet, le jeu tournant sur des serveurs dans le nuage, les images et le son étant envoyés chez le particulier, et les interactions avec le contrôleur étant retransmises dans le nuage.

Depuis mars 2019 et sa présentation, Google a promis monts et merveilles pour Stadia, mais tout laisse à penser que le désenchantement n’en sera que plus amer.

Concrètement, aujourd’hui, pour les adopteurs précoces, Stadia est une bêta payante à 10 € par mois, plus 129 € pour acquérir une manette de jeux et une clé Chromecast Ultra.

Google ne garantit même pas que les acheteurs de la Premiere Edition la recevront à temps pour le lancement du service.

La manette de jeux sans fil ne fonctionne pas avec les ordinateurs ou les téléphones : il faudra utiliser un câble USB-C non fourni.

Il est impossible d’utiliser un casque sans fil en jouant sur une télévision, car le contrôleur n’est pas compatible avec les casques Bluetooth au lancement.

Le Buddy pass, ou essai gratuit pour un ami, ne sera pas disponible dans les premières semaines, contrairement à ce qui avait été promis ; l’Assistant Google ne fonctionnera pas, sauf pour démarrer un jeu ; le jeu sur PC ne sera compatible ni avec la 4K, ni la HDR, ni l’audio 5.1.

Les premiers retours montrent que la qualité graphique n’est pas au rendez-vous : le rendu du jeu à succès Red Dead Redemption en 4K est infiniment inférieur sur Stadia à celui de la Xbox One X. On dirait une image 720p ou 1080p avec conversion ascendante des plus médiocres.

The Verge montre également des rendus nettement inférieurs sur Stadia de Tomb Raider et de Destiny 2, comparés à ceux sur PC ou sur Xbox One X.

Le pire est peut-être encore à venir, puisqu’il faut acheter des licences de jeux spécifiques pour Stadia : on ne pourra pas les utiliser sans le service. Or, Google est connu pour arrêter brutalement les services qui ne rencontrent pas le succès espéré.