Le Wall Street Journal affirme que les employés d’Amazon ont exploité les données de vendeurs indépendants de sa plateforme de commerce en ligne, afin de développer ses propres produits concurrents.

Une pratique qui ne respecte pas la politique officielle d’Amazon.

Le géant de la vente en ligne a maintes fois affirmé, y compris devant le Congrès des États-Unis, que les données des vendeurs tiers sur sa plateforme sont traitées comme des données propriétaires, et que quand il conçoit et vend ses propres produits, il n’exploite pas les informations collectées sur les sites de ses vendeurs tiers.

Le quotidien économique base ses accusations sur des documents internes d’Amazon, ainsi que des entretiens avec plus d’une vingtaine d’anciens employés d’Amazon ayant travaillé sur sa marque distributeur.

Les informations exploitées auprès de ses vendeurs indépendants aident Amazon à fixer un prix de vente, décider quelle fonctionnalité copier, ou d’entrer sur un nouveau segment au vu des revenus potentiels.

Dans le cas précis de produits d’organisation de coffre de voiture, les employés d’Amazon auraient accédé aux documents et aux données d’un produit vedette vendu par un tiers. Y compris les ventes totales, combien le vendeur payait Amazon pour le marketing et pour les expéditions, et combien Amazon gagnait sur chaque vente.

Dans un communiqué, Amazon affirme interdire fermement à ses employés d’exploiter toute donné privée et vendeur spécifique, afin de déterminer quel produit lancer  en marque distributeur; et annonce le lancement d’une enquête interne.

Amazon vend plus de 243 000 produits de 45 marques qui lui appartiennent, comme AmazonBasics ou Stone & Beam.

Les ventes représenteraient 1 % de son chiffre d’affaires annuel de vente en ligne (158 milliards de dollars), hors ventes de ses propres matériels, comme les haut-parleurs Echo, les tablettes Kindle ou les sonnettes Ring.

L’objectif de ses dirigeants serait de passer à 10 % du chiffre d’affaires dès 2022.

Aux États-Unis comme dans de nombreux pays, tout le pouvoir est concentré sur Amazon : sa part de marché est telle que les vendeurs indépendants estiment qu’ils ne peuvent faire l’impasse sur la plateforme.

En juillet 2019, les autorités antitrust de l’Union européenne ont annoncé le lancement d’une enquête préliminaire sur la façon dont Amazon traite les vendeurs qui vendent des produits sur sa plateforme.

Margrethe Vestager, alors en tant que Commissaire européenne à la concurrence, précisa que l’enquête se concentre sur le gain potentiel d’un avantage compétitif qu’Amazon tirerait des données collectées sur chaque transaction et de chaque vendeur sur sa plateforme.

Le département de la Justice, la Federal Trade Commission et le Congrès des États-Unis enquêtent aussi sur des enjeux antitrust, sur les grandes entreprises numériques américaines, dont Amazon.