Win32 est l’interface de programmation (API) introduite avec Windows NT, et la principale API de Windows depuis Windows 95.

Avec Windows 8.1, Microsoft lança une nouvelle API afin d’unifier le développement d’applications pour Windows Mobile et Windows.

Elle évolua en Universal Windows Platform (UWP) avec Windows 10. Son but : développer des applications universelles tournant sous Windows 10, Windows 10 Mobile, Xbox One et HoloLens.

Les avantages pour les programmeurs, outre cette universalité : l’inclusion rapide de facilités modernes dans leurs applications, telles que la compatibilité avec les écrans tactiles et la compatibilité avec les stylets ; un système de gestion de permissions similaire à celui des applications mobiles, et un nouveau mode de distribution et de mises à jour également calqué sur les magasins mobiles comme Google Play, dans le Windows Store.

Les principaux désavantages : une surface d’interfaces de programmation très inférieure à celle de Win32, l’impossibilité de mélanger les deux codes, l’absence de compatibilité avec de nombreuses APIs essentielles pour les jeux vidéo et les applications à haute performance, et une incompatibilité avec les versions précédentes de Windows.

Certaines contraintes furent relaxées avec le temps, telle que la possibilité d’inclure des applications Win32 dans le Microsoft Store, ainsi que de télécharger des applications UWP de n’importe où.

Mais les deux mondes Win32 et UWP sont toujours très fractionnés.

Hier, lors de sa conférence annuelle Build, qui se déroule en ligne, COVID-19 oblige, du 19 au 21 mai, Microsoft a présenté sa nouvelle initiative de réunification de la plateforme Windows : Project Reunion.

Il s’agit de découpler les API des différents systèmes d’exploitation, et même des versions des systèmes d’exploitation, afin que le développeur puisse choisir ses API Win32 et UWP à la carte, et les mélanger.

Il s’agit de mettre à disposition les toutes nouvelles API de Windows, en particulier WinUI 3 et WebView2, pour tous.

Une conséquence particulièrement excitante de ce projet, est la possibilité de mettre à jour des applications anciennes avec les derniers raffinements de Windows 10, sans le coût prohibitif en temps comme en argent d’une réécriture complète.

Lors d’une démonstration, Kevin Gallo a ainsi montré comment mélanger un code c ++ qui pourrait avoir plus de 20 ans, avec une interface graphique en XAML/WinUI 3 offrant la possibilité d’effectuer des calculs dans un champ numérique, d’exploiter le toucher, et d’intégrer un lecteur PDF.

Plus impressionnant encore pour les entreprises, le service Windows Virtual Desktop, qui permet aussi de faire tourner des applications sur un iPad ou d’autres plateformes, peut tenir compte des spécifiés de l’appareil sur lequel il tourne.

Ainsi, une application Windows / WinUI 3 conçue avec un écran 16 : 9 en tête sera automatiquement adaptée à l’écran du client. Et si le client intègre par exemple une caméra, elle pourra être utilisée, sans aucun code multiplateforme de la part du développeur.

Aujourd’hui, Windows 10 compte plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels. Avec les politiques de confinement, les populations découvrent ou redécouvrent l’intérêt de l’ordinateur personnel, comparé aux appareils mobile, tant pour l’activité professionnelle que pour l’éducation et le divertissement : l’utilisation en minutes par utilisateur de Windows a explosé.

Il est donc vital pour Microsoft et pour les développeurs indépendants de tirer profit de cette opportunité.