La plupart des grands groupes américains n’effectueront pas d’annonces publicitaires ni sur Facebook, ni sur sa filiale Instagram, pendant le mois de juillet, en réponse à une campagne Stop Hate for Profit, lancée par des associations non gouvernementales telles que Free Press and Common Sense ou Colors of Change.

En cause, la manière dont Facebook traite les discours haineux, et laisse le président Donald Trump exprimer sur ses réseaux sociaux son racisme et participer activement au désordre social, par exemple en menaçant d’envoyer l’Armée mater les protestations dans le Minnesota, sans rien trouver à redire, alors qu’ils contreviennent à toutes ses conditions d’utilisation.

L’accommodation de Trump durerait depuis sa campagne de 2015.

Facebook est aussi le seul grand groupe numérique à autoriser les politiciens à mentir en toute liberté sur ses réseaux sociaux.

Plus de 160 entreprises ont répondu à l’appel, dont Coca-Cola, Unilever, Verizon. Et les organisateurs du boycott veulent passer à l’international. Dans le cas de certaines, comme Unilever, le boycott est effectif jusqu’à la fin de l’année.

En 2019, le chiffre d’affaires de Facebook s’éleva à 70 milliards de dollars, presque entièrement en revenus publicitaires.

Malheureusement, ce moyen de pression est limité : les 100 plus gros annonceurs de Facebook ne représentent que 6 % de son chiffre d’affaires, d’après des estimations tierces. La plus grande partie de son chiffre d’affaires provient de petites et moyennes entreprises.

Ces dernières, déjà affectées par la crise économique liée au COVID-19, ne suivront sans doute pas le mouvement.

L’impact sera plus important si les utilisateurs, qui sont invités à effacer les applications du groupe, s’exécutent.

Par ailleurs, Mark Zuckerberg, CEO, contrôle les droits de votes des actionnaires, et ne peut être démis de ses fonctions par ces derniers.

Comble de l’ironie, Facebook affirme ne pas effectuer de changement de lignes directrices sous la pression, et les définir selon des principes plutôt que l’intérêt financier.

Et si les dépenses publicitaires ont fortement diminué ces derniers mois à cause du covid-19, on ne sait pas dans quelle mesure Facebook, en situation de duopole sur la publicité numérique, est affectée.