Arvind Krishna, promu CEO d’IBM en avril, annonce à ses employés sa première décision majeure : se débarrasser de l’infogérance afin de se concentrer sur les marchés du nuage hybride et de l’intelligence artificielle.

Le pôle infogérance (la division Global Technology Services moins les Technology Support Services), temporairement nommé NewCo, deviendra immédiatement le numéro un du secteur, avec 19 milliards de dollars de revenus, 90 000 employés et 4 600 clients dans 115 pays.

En tant qu’entreprise indépendante, elle pourra se concentrer sur son cœur d’activité, et nouer de nouvelles alliances et de nouveaux partenariats.

Depuis plus de cinq ans, IBM ne cesse de réduire les effectifs de cette division, et de délocaliser dans les pays à bas salaires. À son apogée en 2011, son chiffre d’affaires atteignit 41 milliards de dollars, pour chuter à 27 milliards en 2017.

La séparation de NewCo devrait être neutre pour l’imposition des actionnaires d’IBM, et complétée d’ici la fin 2021.

En se concentrant sur le nuage hybride et l’IA, IBM pourrait innover plus rapidement et investir plus stratégiquement.

Krishna mentionne Red Hat, une entreprise rachetée en 2019 pour 34 milliards de dollars, à plusieurs reprises.

Elle lui aurait permis de développer une plateforme ouverte de nuage hybride, et le succès obtenu le rend confiant que sa décision est la bonne.

Si l’opportunité du nuage hybride est élevée – Krishna mentionne le trillion de dollars – c’est une activité dans laquelle IBM n’est pas le seul acteur à briller : Microsoft est bien devant, et même AWS, pour qui, idéalement, les entreprises abandonneraient toutes leurs infrastructures pour placer toutes leurs charges de travail dans le nuage, se met à faciliter l’intégration de son nuage à ceux de ses clients.