Un grand jury à Pittsburgh a inculpé six pirates informatiques, tous résidents de la Fédération de Russie, et officiers de l’Unité 74455 du GRU, la direction générale des renseignements (GRU) de l’État-Major des Forces Armées de la Fédération de Russie.

Ils sont accusés, ainsi que leurs conjurés, d’avoir mené des attaques et s’être introduit sur des systèmes informatiques afin de soutenir l’effort du gouvernement russe d’affaiblir, de se venger de, ou de déstabiliser l’Ukraine, la Géorgie, les élections en France en avril mai 2917, les efforts entrepris pour tenir la Russie coupable d’utiliser du Novichok à l’étranger, et contre les jeux olympiques d’hiver de PyeongCHang en 2018, une fois ses athlètes interdits de participer sous leurs couleurs nationales.

Leurs attaques ont exploité les logiciels malveillants les plus destructeurs, tels que KillDisk et Industroyer qui ont causé des pannes massives d’électricité en Ukraine ; NotPetya, qui a coûté plus d’un milliard de dollars en pertes aux seules trois victimes mentionnées dans ce document (Heritage Valley, un prestataire de santé américaine, TNT Express BV, filiale de FedEx, et un laboratoire pharmaceutique américain de premier plan) et Olympic Destroyer, qui a gravement affecté des milliers d’ordinateurs assignés aux jeux olympiques.

Le FBI a travaillé pendant plus de deux ans pour enquêter et remonter la trace des présumés coupables : Yuriy Sergeyevich Andrienko (Юрий Сергеевич Андриенко), 32 ; Sergey Vladimirovich Detistov (Сергей Владимирович Детистов), 35 ; Pavel Valeryevich Frolov (Павел Валерьевич Фролов), 28 ; Anatoliy Sergeyevich Kovalev (Анатолий Сергеевич Ковалев), 29 ; Artem Valeryevich Ochichenko (Артем Валерьевич Очиченко), 27 ; et Petr Nikolayevich Pliskin (Петр Николаевич Плискин), 32, accusés chacun de sept chefs d’accusation : complots en vue de commettre des fraudes et des abus informatiques, en vue de commettre des fraudes informatiques, fraudes informatiques, endommagement d’ordinateurs protégés et vols aggravés d’identités.

De quoi rester plus de 100 ans derrière les barreaux si toutes les accusations étaient confirmées.

Les dégâts et les intrusions sur des systèmes informatiques ont eu lieu dans le monde entier, et en particulier en France, Géorgie, Pays-Bas, République de Corée, Ukraine, Royaume-Uni et États-Unis.

Kovalev fut déjà accusé en 2016 par le conseiller spécial Robert S Muller d’avoir participé au piratage des élections de 2016.

L’ambassade de Russie à Washington dément toutes les allégations, et accuse les autorités de chasse à la sorcière afin d’instiller une phobie de la Russie à ses citoyens.

Il est pour le moins improbable que le Kremlin remette les officiers accusés du GRU aux autorités américaines.

La conférence de presse du département de la Justice intervient quelques semaines avant les élections présidentielles américaines, et un mois après l’appel insolite du président Vladimir Putin pour un « cyber reset » avec les États-Unis.