Nouveau vol de 3,6 milliards de dollars de bitcoins

Les échanges, les gourous et de plus en plus, les institutions financières traditionnelles, ne cessent de chanter les louanges des cryptomonnaies et des chaînes de blocs.

La réalité est toute autre : outre le fait qu’il n’y aurait sans doute pas de rançongiciels sans cryptomonnaies, il se passe rarement quelques mois sans qu’un vol d’envergure soit directement lié à elles.

Cette semaine, il s’agit de deux frères sud-africains de Durban, de 20 et 18 ans, qui ont disparu, avec 3,6 milliards de dollars (3 milliards d’euros, et même plus de 3,4 milliards à son pic en avril) en bitcoins, placés sur leur plateforme d’investissement.

Le 13 avril, Ameer Cajee, le frère aîné, directeur opérationnel d’Africrypt, annonçait à ses clients que la plateforme était victime d’un piratage, et recommandait de ne contacter ni avocat, ni autorité, car cela ralentirait le processus de recouvrement des fonds. Les deux frères disparurent alors.

Certains, suspicieux, firent quand même appel au cabinet d’avocats Henkom Attorneys, qui s’aperçut que les 3 employés d’Africypt perdirent tout accès à la plateforme une semaine avant le prétendu piratage. Ils furent renvoyés à ce moment là.

Les fonds furent transférés des comptes sud-africains de la compagnie et des portefeuilles de ses clients, pour passer par des comptes offshore dans des pays avec lois de secret bancaire, et mélangés avec des bitcoins d’autres origines afin de les rendre intraçable : comme pour tout bon blanchiment d’argent.

On constatera que les spéculateurs avides n’hésitent pas à placer leur argent sur des plateformes quasi neuves lancées par des jeunes.

En avril, Faruk Fatih Ozer, 27 ans, disparaissait de Turquie avec 2 milliards de dollars, volé sur son échange Thodex de cryptomonnaies.

L’an dernier, Mirror Trading International, un autre négociant sud-africain de Bitcoin, perdait 1,2 milliard de dollars en pièces disparues.

L’ironie est que comme les actifs crypto ne sont pas considérés comme des produits financiers, le régulateur sud-africain Financial Sector Conduct Authority ne peut pas lancer d’enquêtes formelles, d’après son chef, Brandon Topham.