Amazon, DeepMind/Google, Facebook, IBM, et Microsoft, cinq entreprises à la pointe de l’intelligence artificielle, viennent d’annoncer la création d’une organisation à but non lucratif, Partnership on Artificial Intelligence to Benefit People and Society, en court Partnership on AI.

Elle vise d’une part à accroître la compréhension du grand public sur les technologies de l’intelligence artificielle, et d’autre part à formuler les bonnes pratiques.

Partnership on AI va inviter des universitaires, des membres d’autres organisations à but non lucratif, et des spécialistes de l’éthique et de la politique à rejoindre son conseil. Les entreprises membres financeront l’association. Les membres qui ne font pas parti du monde de l’entreprise seront représentés à parité avec les membres d’entreprises.

Ensemble, les membres conduiront des recherches, recommanderont des bonnes pratiques, et publieront les résultats de recherche avec une licence ouverte dans les domaines comme l’éthique, l’équité, l’inclusion, la transparence, la vie privée et l’interopérabilité, la collaboration entre les systèmes d’intelligence artificielle et les hommes, et la loyauté, la fiabilité et la robustesse de la technologie.

L’association affirme ne pas être groupe de pression.

La plupart des géants de la technologie considèrent l’intelligence artificielle comme le nouvel eldorado, la prochaine étape après l’informatique en nuage. Car de toute façon, il est pratiquement impossible de faire l’impasse sur le nuage pour les projets d’intelligence artificielle, surtout si l’on souhaite offrir des résultats en quasi temps-réel aux clients.

Lors du discours inaugural de la conférence Ignite, qui se tient à Atlanta du 26 au 30 septembre, Satya Nadella, a présenté la démocratisation de l’intelligence artificielle pour toutes les personnes et toutes les organisations comme la nouvelle vision de Microsoft:

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Et l’on apprend que Microsoft a discrètement travaillé pendant des années sur un FPGA (circuit logique programmable) optimisé pour l’intelligence artificielle, qui équiperait désormais chaque serveur de Microsoft Azure. (Il se chuchote même que c’est la raison principale pour laquelle Intel a racheté Altera).

L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée, même dans les domaines sensibles comme la santé, la finance et la politique. Le public découvre de plus en plus que la vie peut être profondément affectée par des algorithmes qui décident à la place des êtres humains.

D’où une certaine méfiance, justifiée, et une aversion au manque de transparence.

L’intelligence artificielle, si elle est à l’origine de création d’emplois, est aussi simultanément destructrice d’emplois. Alors que les robots remplacent des ouvriers dans les usines, l’intelligence artificielle remplace les cols blancs.

A plus long terme, on peut imaginer des intelligences artificielles qui dépasseraient de très loin l’intelligence humaine, et qui seraient dotées d’une certaine conscience. Il est assez probable que l’être humain ne soit plus la priorité d’une telle entité.

Des entreprises comme Microsoft ont déjà créé leurs propres comités d’éthique de l’intelligence artificielle. À l’inverse, quand Google avait racheté DeepMind, elle avait promis de créer un comité d’éthique. Selon toute vraisemblance, il reste inactif.

La Partnership on AI, en regroupant plusieurs acteurs majeurs de l’intelligence artificielle, vise à rassurer le public.

On notera l’absence d’Apple, qui serait toutefois enthousiaste, et d’OpenAI, l’association à but non lucratif d’Elon Musk, qui vise à étudier une intelligence artificielle sûre, dont les bienfaits sont partagés et distribués au mieux.