Le premier décembre, alors même que le président des États-Unis Donald Trump discutait avec son homologue chinois Xi JinPing de la guerre commerciale lancée par le premier, la police de Vancouver arrêtait, à la demande des États-Unis, Meng Wanzhou, directrice financière et présidente suppléante de Huawei, fille de son fondateur Ren Zhengfei.

Elle assistera à une audition sur son extradition éventuelle vendredi.

Elle est soupçonnée d’avoir vendu des équipements américains à l’Iran en violation des sanctions unilatérales américaines.

Dans un communiqué, Huawei a confirmé son arrestation, affirme avoir reçu peu d’informations sur les faits qui lui étaient reprochés, et qu’à sa connaissance, Mme Meng n’a pas commis d’actes répréhensibles.

L’ambassade de Chine au Canada a fait connaître sa forte opposition à l’arrestation, et exige sa remise en liberté immédiate.

La nouvelle est très mal accueillie en Chine, où elle est perçue comme un affront de trop, par un pays qui n’arrive pas à concurrencer Huawei. Elle pourrait remettre en cause la trêve de 90 jours dans la guerre commerciale avec les États-Unis, comme les concessions qu’elle s’apprêtait à faire pour satisfaire Trump.

Si les consommateurs chinois se mettaient à boycotter les produits américains comme les iPhones, les États-Unis auraient beaucoup à perdre. Du coup, les indices boursiers américains ont chuté : -3,1 % pour le Dow Jones mardi.

Le même jour, le Royaume-Uni indiquait que les équipements Huawei au cœur de ses réseaux mobiles 3G et 4G seraient retirés et remplacés, et que Huawei ne sera pas utilisé pour les parties centrales de son prochain réseau : 5G.

L’entreprise chinoise affirme respecter toutes les régulations américaines, tout comme celle des autres pays.