À l’occasion du salon CES 2019, qui se tient du 8 au 11 janvier à Las Vegas, NVIDIA présente la carte graphique GeForce RTX 2060.

Commercialisée aux États-Unis à 349 dollars hors taxe – sans doute aux alentours de 370 euros TTC en France, cette carte serait 60 % plus rapides sur les jeux actuels que la GeForce GTX 1060. Battlefield V tournerait à 60 images par seconde avec l’option de rendu lancer de rayon (ray tracing).

La RTX 2060 sera disponible dès le 15 janvier.

Comme les 2080 et 2070 déjà disponibles, la carte s’appuie sur la dernière architecture graphique de NVIDIA, Turing, qui est compatible avec l’exécution simultanée de calculs en virgule flottante, de calculs de nombres entiers et d’opérations d’ombrage, avec une architecture unifiée de la mémoire et deux fois plus de mémoire cache que ses prédécesseurs pour des performances jusqu’à deux fois supérieures.

La RTX 2060 est équipée de 6 Go de mémoire vive GDDR6 (14 Gbps de bande passante), de 1920 coeurs CUDA, soit autant que la GTX 1070, et de 240 cœurs Tensor pour jusqu’à 52 teraflops d’instructions d’apprentissage automatique, ce qui peut également améliorer les performances graphiques avec le Deep Learning Super Sampling (DLSS), une fonctionnalité de lissage basée dur l’apprentissage automatique.

Son enveloppe thermique (TDP) de 160 W est nettement supérieure à celle de la GTX 1060, 120 W, et même que celle de la GTX 1070, 150 W.

Pour un temps limité, les joueurs achetant certaines cartes RTX 2060 recevront gratuitement, au choix, Anthem ou Battlefield V. Une nouvelle version de ce dernier sera bientôt publiée, avec une compatibilité avec le DLSS et l’optimisation pour le lancer de rayons.

Le succès de ce modèle est critique pour NVIDIA, qui n’a pas encore convaincu avec cette nouvelle génération de carte graphique, censée démocratiser le lancer de rayon – la méthode de rendu la plus réaliste, mais la plus gourmande en performance – et qui inclut des cœurs optimisés pour l’intelligence artificielle dont l’utilité pour les joueurs reste à démontrer.

On a un peu l’impression que NVIDIA a développé des améliorations pour ses autres activités clés – le calcul haute performance et l’intelligence artificielle – aux dépens de son activité première : le processeur graphique.

La RTX 2080 a ainsi reçu un accueil glacial de la presse spécialisée, et la RTX 2070 un accueil mitigé. Le DLSS ne fournirait pas de lissage visiblement supérieur aux techniques connues, et nécessite que l’éditeur d’un jeu se donne la peine d’effectuer un apprentissage du modèle avant que le DLSS soit disponible pour les joueurs.

Le prix de la carte, nettement supérieur à celui de la GeForce GTX 1060 à sa sortie, ne joue pas en sa faveur.

Comme les autres cartes de cette génération, la RTX 2060 intéressera d’abord les joueurs qui font le pari que les éditeurs de jeux travaillent à l’optimisation de leurs titres actuels pour profiter au mieux des capacités de l’architecture Turing.

Dans cette passe difficile, où de nombreux joueurs préfèrent acheter les modèles de la génération précédente, NVIDIA profite au moins de l’incapacité d’AMD à proposer des cartes graphiques à la fois compétitives et avec une consommation d’énergie similaire. AMD pourrait toutefois attaquer sur les tarifs.