Le 23 mars 2017, l’équipementier en télécoms et fabricant de smartphones Zhongxing Telecommunications Equjpment Corporation (ZTE) reconnu avoir, pendant des années, violé l’embargo américain sur la technologie à destination de l’Iran et de la Corée du Nord.

Il accepta un accord avec le United States Department of Commerce : 1,19 milliard de dollars d’amende pour le civil et le pénal, ainsi qu’un certain nombre d’engagements, six audits, et une probation de 7 ans.

Suite à une enquête, le Department of Commerce a conclu que ZTE n’avait pas tenu ses engagements. En particulier, au lieu de réprimander les employés et les cadres responsables des actes illégaux, ZTE ne leur a pas même envoyé de lettre de réprimande, leur a accordé des bonus, et a menti sur ses pratiques aux autorités américaines de façon systématique.

Dimanche, les autorités américaines ont donc activé les clauses de l’accord qui étaient suspendues tant que ZTE le respectait.

En particulier, ZTE ne peut plus, jusqu’au 13 mars 2025, acheter, ou tenter de se procurer, des produits ou des logiciels américains, comme des puces Qualcomm ou Intel.

C’est un revers majeur pour l’équipementier chinois, car sans les puces américaines comme Qualcomm, elle ne peut espérer vendre beaucoup de smartphones, du moins aux États-Unis. Des puces stratégiques vont sans doute lui manquer, au moment du déploiement des réseaux mobiles 5G dans le monde.

Le cours de son action a chuté, et l’action est suspendue sur la Bourse de Hong Kong. Des analystes financiers ont changé leur perspective, et diminué la prévision de valeur de l’action de moitié. Les cours des actions des fournisseurs chinois de ZTE sont également en forte baisse.

Le Ministère de l’Économie de la Chine a répondu qu’il prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre les intérêts des entreprises chinoises.

La sanction américaine n’arrive pas à un moment opportun, alors que les deux pays ont entamé une guerre commerciale : les États-Unis imposent des tarifs douaniers sur certains produits chinois, afin de punir un pays qui par ses obligations, a volé le savoir-faire et la propriété intellectuelle des Américains, et du reste, des Européens. Un grief pour lequel il serait impossible d’obtenir réparation devant l’Organisation mondiale du commerce.

La Chine a immédiatement répliqué avec des tarifs d’un même montant sur les exportations américaines.

La sanction pourrait inciter la Chine à accélérer plus encore le développement de ses propres puces.

Fondé en 1985, ZTE emploie 80 000 personnes dans le monde, et compte près de 500 opérateurs télécoms comme clients. En 2017, son chiffre d’affaires s’élevait à 109 milliards de yuans – 14 milliards d’euros.