Dans une notification adressée à ses vendeurs, Intel a annoncé que les dernières commandes de processeurs de la gamme Itanium 9700 seront prises le 30 janvier 2020, et ses dernières livraisons auront lieu le 29 juillet 2021.

L’arrêt définitif de production affecte les processeurs Itanium 9720, 9740, 9750 et 9760, ainsi que les mémoires tampon Intel C112 Scalable Memory Buffer et C114 Scalable Memory Buffer.

Annoncé en fanfare en 1999, commercialisé à partir de 2001, l’Itanium est sans doute le plus grand échec d’Intel, et de ses contributeurs, en premier lieu Hewlett-Packard.

IA-64, sa nouvelle architecture 64-bit VLIW (Very long instruction word) EPIC (Explicitly Parallel Instruction Computing), était censée être supérieure aux alternatives de l’époque : CISC (complex instruction set computing, comme x86) et RISC (reduced instruction set computing, comme MIPS ou SPARC).

Le processeur fut conçu pour l’informatique haute performance et les serveurs les plus haut de gamme.

Le processeur déçut dès son premier modèle, nom de code Merced, à cause de performances bien en deçà des prévisions.

Dans une prophétie autoréalisatrice, Intel garantit par la suite l’échec du processeur en le produisant avec des procédés de fabrication inférieurs à celui de ses autres processus.

Rapidement, le processeur fut affublé du sobriquet Itanic, en référence au Titanic.

HP fut de loin le premier client d’Itanium, qui lui permit d’offrir une transition à ses clients de ses serveurs d’entreprise, par suite de l’abandon de ses propres processeurs.

Malheureusement pour Intel et HP, les ventes d’Itanium restèrent confidentielles, la plupart des serveurs adoptant les processeurs Intel Xeon, simple évolution des processeurs x86, inspirée par AMD et le jeu d’instruction x64. Aujourd’hui, les ventes de systèmes avec les architectures concurrentes POWER ou SPARC sont toutes aussi minimes.

Une des raisons de l’échec aurait été l’abandon soudain de la compatibilité des produits Oracle avec les nouvelles versions de la plateforme. Une comptabilité qui aurait été promise à HP, et qui a donné lieu à un procès, Oracle devant finalement payer 3 milliards de dollars de dommages et intérêts à HP. Les deux entreprises furent partenaires, jusqu’à ce qu’Oracle acquière le fabricant de stations de travail et de serveurs Sun.